Publié le 15/05/2026

Chapitre 14 | Section suivante : L'eau, enjeu central pour l'Humanité.

Texte intégral

« L'empoisonnement du monde est global. L'air, l'eau et les sols sont affectés par toutes sortes de pollutions plastiques, chimiques, industrielles. Les plus riches polluent le plus. Mais ce sont les plus pauvres qui en subissent davantage les conséquences. Un plan de dépollution national et international s'impose. »

  1. Aider les victimes des pollutions et les lanceurs d'alerte sur la base d'un fonds abondé par les consommations polluantes
  2. Redonner à l'État et aux collectivités locales les moyens humains et financiers pour appliquer le triptyque « surveiller, contrôler, sanctionner »
  3. Revenir sur les affaiblissements des normes environnementales décidés lors du précédent quinquennat
  4. Établir un plan d'urgence pour la dépollution rapide des régions durablement polluées en France, notamment la Guadeloupe et la Martinique victimes du chlordécone, et créer un fonds d'indemnisation spécifique des victimes
  5. Prendre en charge et indemniser les victimes des essais nucléaires français, notamment en Polynésie
  6. Gérer les risques industriels avec création d'une autorité de sûreté indépendante, augmenter le nombre d'inspecteurs des ICPE et relever le seuil de l'amende à 500 000 euros (contre 15 000 euros actuellement)
  7. Arrêter les activités dangereuses, interdire les produits chimiques nocifs et les polluants éternels, planifier la reconversion des travailleurs vers des secteurs utiles

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Les PFAS : le cas alsacien

La mesure 7 (interdiction des polluants éternels) est directement pertinente dans le sud de l'Alsace. La nappe rhénane est contaminée par les PFAS, notamment autour de Saint-Louis (Haut-Rhin) où les taux relevés dépassent le seuil réglementaire de 0,1 µg/L. Lors de l'adoption de la loi visant à protéger la population des risques liés aux PFAS, le 20 février 2025, le Rassemblement national a été le seul groupe à voter contre (51 voix contre, sur 213 pour), au nom de l'emploi et de la souveraineté industrielle.

La mesure 7 me paraît donc justifiée scientifiquement, et le vote du 20 février lui donne aussi une lisibilité politique : le seul groupe qui s'y est opposé l'a fait au nom des arguments mêmes des industriels concernés.

Les ICPE et le lithium

La mesure 6 (autorité de sûreté indépendante, inspecteurs ICPE, amende portée à 500 000 euros) fait écho aux insuffisances documentées dans les dossiers d'extraction de lithium en Alsace. Dans son avis du 1er avril 2025, la MRAE Grand Est a recommandé à Lithium de France de retirer sans délai sa demande d'ouverture de travaux à Soufflenheim, pointant notamment l'absence de justification de l'implantation à proximité d'habitations et le manque d'information sur la gestion des fluides de forage, la sismicité et les émissions sonores. Face à des projets industriels de cette ampleur, l'amende actuellement plafonnée à 15 000 euros pèse peu : la porter à 500 000 euros, comme le propose la mesure 6, modifie le rapport de force.

Chlordécone : le précédent

La mesure 4 nomme le scandale du chlordécone. Ce précédent est utile pour penser les projets lithium : une substance autorisée par l'État, utilisée pendant des décennies, dont la contamination irréversible des sols et des nappes n'a été reconnue que tardivement. Les saumures géothermales chargées en métaux lourds posent un risque analogue, à une échelle différente.

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