Ce dossier poursuit, à l'échelle du détail, le travail de lecture commentée entamé dans le dossier précédent. Il prend le programme L'Avenir en Commun chapitre par chapitre, en s'arrêtant sur les mesures qui concernent directement l'eau, qu'elles figurent dans les chapitres explicitement consacrés à ce sujet ou qu'elles apparaissent de manière transversale dans les chapitres sur l'agriculture, l'industrie, l'aménagement du territoire ou les droits fondamentaux. Je commente ici un programme public, avec la distance de quelqu'un qui le lit de l'extérieur, intéressé par sa faisabilité hydrologique et juridique, sans en être partie prenante.
La méthode est systématique : pour chaque chapitre abordé, une fiche de lecture identifie les mesures relatives à l'eau, évalue leur cohérence avec le cadre juridique en vigueur (droit européen, code de l'environnement, code général des collectivités territoriales), et signale les points qui appellent un complément ou une précision. Certaines mesures sont directement opérationnalisables dans le cadre légal actuel ; d'autres supposent une modification législative ; d'autres encore nécessitent une négociation au niveau européen, notamment pour les questions liées aux aides d'État, aux marchés publics ou à la directive-cadre sur l'eau. Ces distinctions ont des conséquences concrètes sur le calendrier de mise en oeuvre et méritent d'être explicitées.
Le découpage par chapitre permet de faire apparaître des cohérences et des tensions internes au programme lui-même. Par exemple, la mesure sur la réduction des intrants agricoles (chapitre agriculture) entre en résonance directe avec les objectifs de qualité des eaux de nappe (chapitre eau), mais les délais d'action ne sont pas les mêmes : une réduction des apports azotés a un effet sur la qualité des nappes profondes à un horizon de dix à vingt ans, pas en une législature. Ce type d'articulation temporelle entre mesures à effet rapide et mesures à effet différé est rarement rendu explicite dans les programmes ; ce dossier essaie de le cartographier.
Les fiches produites dans ce dossier sont numérotées dans l'ordre des chapitres du programme analysé, ce qui permet de les lire séparément ou dans l'ordre. Chaque fiche indique sa date de rédaction et le texte de référence utilisé, parce que les programmes politiques évoluent entre versions et que la précision documentaire est une condition de la critique sérieuse.