Sous la plaine d'Alsace, dans les galeries d'anciennes mines de potasse à Wittelsheim, reposent 42 000 tonnes de déchets industriels dangereux, enfouis depuis les années 1990. En dessous s'étend la nappe rhénane, la plus grande réserve d'eau souterraine d'Europe, qui alimente en eau potable près de sept millions de personnes.
Destocamine est une coalition de quinze organisations, associations environnementales, syndicats et collectifs, qui demande depuis des années l'extraction totale et immédiate de ces déchets. Pas de compromis ni de « gestion à long terme » : déstocker maintenant. La coalition documente, plaide, attaque en justice, mobilise ; son site archive des années de combats.
Cette cause me touche directement. En hydrologie, la nappe rhénane est un cas d'école autant qu'un enjeu vital : je l'aborde dans ERMES-II, la nappe rhénane sous diagnostic. Laisser des déchets industriels au-dessus d'une telle ressource, c'est jouer avec quelque chose d'irremplaçable. Je salue la ténacité de Destocamine.