Publié le 29/09/2025

Cette fiche est un matériau offert aux listes et aux militant·es pour le porte-à-porte, les réunions publiques et les discussions de terrain. Elle rassemble des formules simples, adaptables localement, ainsi que des punchlines, à reprendre et à ajuster librement au contexte de chaque commune. Les « nous » qui suivent sont ceux de la liste ou du collectif qui s'empare de ce kit, pas une parole tenue ici.

Phrases générales à adapter

  • L'eau est un droit humain, pas une marchandise : en finir avec les coupures pour impayés et garantir un volume vital gratuit à chaque foyer.
  • Chaque euro payé par les habitants doit revenir au service public : réparer les fuites, protéger les captages, restaurer les zones humides, désimperméabiliser les sols. Pas aux profits des multinationales.
  • Le cycle de l'eau est un tout : pluie, nappes, rivières, eau potable et assainissement sont liés. Il faut une approche écosystémique pour que les territoires soient résilients face aux canicules, aux sécheresses et aux inondations.
  • L'eau n'est pas qu'un service technique : c'est un pilier de santé publique, de justice sociale et d'aménagement du territoire.
  • Les pollutions invisibles (PFAS, pesticides, chlordécone, biocides) sont des menaces sanitaires graves. Exiger des analyses indépendantes, publiées en open data.
  • Associer les habitants aux décisions via un CCSPL actif : fini les choix derrière des portes closes, chaque indicateur suivi et débattu publiquement.

Si le service est en DSP (privatisé)

  • Avec une DSP, une multinationale contrôle l'eau : opacité, dividendes, et retard dans les investissements.
  • Défendre une régie publique, où chaque euro sert la qualité de l'eau, la réduction des fuites, la désimperméabilisation et la lutte contre les pollutions.
  • Dans une régie, la justice sociale et la planification écologique se rejoignent : tarification sociale, protection des nappes, restauration des zones humides.
  • L'eau doit être gérée comme un commun, pas comme une source de profit.

Punchlines : « L'eau au peuple, pas aux multinationales. » « Pas de profits sur une ressource vitale. » « Une DSP, c'est une facture salée et une eau polluée. »

Si le service est géré par un syndicat intercommunal

  • Dans un syndicat intercommunal, les habitants sont absents de la décision : tout se joue entre délégués, souvent dans l'opacité.
  • Défendre une régie publique transparente, avec des CCSPL pour associer directement les habitants et les associations.
  • L'eau doit être gérée au plus près des habitants, avec une logique de bassin versant, pas dans une structure technocratique éloignée.

Punchlines : « Pas d'eau sans démocratie. » « Un syndicat opaque, c'est une DSP déguisée. » « Sortir de l'opacité : l'eau doit être transparente, comme sa gestion. »

Si le service est déjà en régie publique

  • La régie publique est la meilleure option, mais elle doit être renforcée : transparence totale, implication des habitants via un CCSPL, open data des résultats.
  • C'est aussi l'occasion d'inscrire la gestion à la source dans l'urbanisme : cours d'école oasis, jardins de pluie, noues, trames vertes et bleues.
  • La régie publique permet de penser l'eau dans une logique écosystémique : recharger les nappes, améliorer la biodiversité, lutter contre les îlots de chaleur, et protéger la santé publique.

Punchlines : « Une eau publique, c'est une eau transparente. » « La régie publique, c'est l'eau bien commun. » « Avec la régie, c'est nous qui décidons. »

Santé publique et pollutions invisibles

  • Les PFAS, ces « polluants éternels », contaminent déjà l'eau de millions de personnes. Exiger des contrôles indépendants et publics.
  • Le chlordécone en Outre-mer montre que certaines pollutions persistent pendant des générations. C'est une urgence sanitaire.
  • Les pesticides et les biocides des peintures contaminent les nappes et les rivières. Chaque usage doit être repensé pour protéger la ressource.
  • Le principe de précaution doit s'appliquer : mieux vaut interdire ou restreindre que d'exposer les habitants à des risques invisibles.
  • Aux industriels pollueurs de payer : pas aux collectivités, ni aux habitants.

Punchlines : « Pas de poison dans nos robinets. » « La santé avant les profits. » « Pollueurs payeurs, citoyens protégés. »

Urbanisme de l'eau

  • L'eau doit être la donnée d'entrée des documents d'urbanisme. Pas un problème réglé après coup.
  • L'eau ne saute pas les trottoirs, elle ne remonte pas les pentes : il faut des rues, des cours et des parcs pensés pour infiltrer et ralentir les flux.
  • Désimperméabiliser, c'est créer des îlots de fraîcheur, recharger les nappes, limiter les inondations et améliorer la biodiversité.
  • Les zones humides, les forêts et les trames vertes et bleues rendent des fonctions concrètes : elles écrêtent les crues, filtrent l'eau, stockent du carbone.

Punchlines : « Moins de béton, plus d'eau vivante. » « L'urbanisme de l'eau, c'est préparer la ville de demain. » « Chaque goutte compte, chaque mètre carré aussi. »

Conduite de l'eau et démocratie

  • L'eau est trop importante pour être gérée par des techniciens seuls.
  • Un CCSPL permet aux habitants, associations et syndicats de suivre les indicateurs, d'alerter en cas de problème, et de contrôler les choix tarifaires et d'investissement.
  • Les CLE et les SAGE doivent être investis : ce sont les lieux où se fixent les règles à l'échelle des bassins versants.
  • Les décisions doivent être publiques, transparentes et partagées : c'est la seule façon de gérer l'eau comme un commun.

Punchlines : « Pas de démocratie sans transparence, pas de transparence sans citoyens. » « L'eau doit être décidée avec nous, pas sans nous. » « Un CCSPL, c'est la voix des habitants dans la gestion de l'eau. »

Conseils pratiques

  • Toujours relier les propositions à un vécu concret : facture d'eau, cour d'école, fontaine dans un parc, santé des enfants.
  • Adapter le discours au contexte local : quartiers populaires (factures, coupures), zones rurales (qualité de l'eau, agriculture), grandes villes (chaleur urbaine, désimperméabilisation).
  • Utiliser des exemples concrets, comme une école désimperméabilisée à Grenoble.
  • Finir chaque échange par une punchline claire et mobilisatrice.