La régie publique est le mode de gestion directe d'un service public par une collectivité territoriale (commune, intercommunalité, département, région). Pour l'eau et l'assainissement, cela signifie que la collectivité assure elle-même la production, la distribution, le traitement, l'entretien des réseaux et la relation avec les usagers. La régie peut être simple (intégrée au budget de la collectivité) ou personnalisée (dotée d'une autonomie financière et d'une personnalité morale).
La régie publique permet de considérer l'eau non comme une marchandise mais comme un commun, c'est-à-dire une ressource vitale gérée collectivement, au service de l'intérêt général et des générations futures. Contrairement aux opérateurs privés, qui cherchent une rentabilité pour leurs actionnaires, la régie peut orienter ses choix vers la qualité du service, la justice sociale et la protection de la ressource. Elle est le mode de gestion le plus adapté pour appliquer une règle de soutenabilité : ne pas prélever davantage que ce que la nature peut reconstituer.
La régie publique est aussi un outil démocratique. Elle gagne à être accompagnée de dispositifs de décision ouverts :
Sans contrôle citoyen, une régie peut se technocratiser et reproduire les mêmes travers que les structures éloignées des habitants. La démocratie est donc la garantie que la régie reste un outil de commun.
La délégation de service public (DSP) confie l'exploitation à une entreprise privée (Veolia, Suez, Saur). Elle implique une perte de maîtrise sur la stratégie, une opacité contractuelle et une rente pour l'opérateur. Le syndicat intercommunal mutualise la gestion entre plusieurs collectivités, mais son éloignement des usagers et son manque de transparence en font une structure souvent technocratique.
La régie publique reste la seule forme cohérente avec la gestion de l'eau comme commun, puisqu'elle permet de relier service de proximité, démocratie et planification écologique.