Définition

Le Comité Consultatif des Services Publics Locaux (CCSPL) est une instance créée par la loi du 6 février 1992, qui vise à associer les usagers et les associations locales à la gestion des services publics exploités en régie. Il est obligatoire dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants et les intercommunalités de plus de 50 000 habitants qui gèrent en régie au moins un service public local (eau, assainissement, déchets, transports, restauration scolaire). Dans les autres communes, il peut être créé volontairement par une délibération du conseil municipal ou communautaire.

Rôle

Le CCSPL donne un avis consultatif sur l'organisation et le fonctionnement des services publics locaux. Il peut être saisi par le conseil municipal ou communautaire, mais aussi s'auto-saisir pour émettre un avis. Ses avis sont transmis aux élu·es et doivent être annexés aux délibérations concernées. Le CCSPL ne prend pas de décision, mais il rend visibles les préoccupations citoyennes et peut influencer les choix politiques.

Composition

Il est composé de représentants d'associations locales, de syndicats, de personnalités qualifiées et parfois de simples usagers. Les élu·es de la majorité et de l'opposition peuvent y siéger, mais l'esprit du CCSPL est d'ouvrir la gestion du service à la société civile. Dans une perspective citoyenne, il peut être enrichi en y intégrant des habitant·es tirés au sort et en assurant une diversité sociale et territoriale.

Quand peut-on créer ou exiger un CCSPL ?

  • Obligatoire : dans les communes de plus de 10 000 habitants et les EPCI de plus de 50 000 habitants, dès lors qu'il existe une régie directe. Dans ce cas, si la majorité refuse de le mettre en place, les usagers et les associations peuvent exiger son respect légal.
  • Facultatif mais possible : dans toutes les autres communes, le conseil municipal peut décider de le créer par délibération. Les élu·es engagé·es peuvent donc proposer cette création et mobiliser les habitant·es pour l'obtenir.
  • Si DSP ou syndicat : le CCSPL n'est pas prévu par la loi pour contrôler un service délégué à un opérateur privé ou transféré à un syndicat. Mais une commune peut quand même créer un CCSPL volontaire pour suivre la DSP ou le syndicat et exercer une pression citoyenne. Ses avis ne sont pas juridiquement contraignants, mais ils ont un poids politique.

Un outil de gestion des communs

Le CCSPL est une modalité concrète de gestion des communs. Il permet de donner une place institutionnelle aux usagers, de garantir la transparence et de confronter les choix techniques à l'intérêt général. Dans une régie publique, il peut être un véritable contre-pouvoir citoyen si :

  • les données sont publiées en open data ;
  • le CCSPL dispose d'un droit d'alerte en cas de dérive (coupures d'eau, pollution, manque d'investissement) ;
  • ses avis sont rendus publics et annexés aux décisions.

Ce qu'une mairie engagée pour l'eau publique peut en faire

  • Créer un CCSPL spécifique à l'eau et à l'assainissement pour en faire un lieu de suivi démocratique : qualité sanitaire (y compris PFAS et pesticides), taux de fuites, politique tarifaire, investissements.
  • Renforcer son rôle en lui donnant la capacité d'organiser des auditions (opérateurs, agences de l'eau, ARS) et en lui permettant de se saisir de sujets liés à l'eau.
  • Assurer la représentativité en y intégrant des habitantes et des habitants tirés au sort, des associations écologistes, de consommateurs, des syndicats et des collectifs locaux.

Lignes d'action

Une majorité engagée gagnerait à traiter le CCSPL comme une exigence, même là où la loi ne l'impose pas. Là où elle l'impose, sa création peut être réclamée et son absence pointée. Là où il n'est pas prévu, on peut le créer volontairement et en faire un lieu de gestion citoyenne du commun. Un service de l'eau se conduit difficilement de façon démocratique sans un espace de délibération et de contrôle citoyen, et le CCSPL offre précisément cet espace.

Voir aussi

  • Régie publique : le mode de gestion dans lequel le CCSPL prend tout son sens
  • DSP : le mode de gestion privé que le CCSPL peut contribuer à contrôler
  • CLE : l'instance institutionnelle de concertation sur l'eau, complémentaire du CCSPL
  • SAGE : le plan local que le CCSPL peut contribuer à suivre
  • Démocratie de l'eau : l'analyse de fond sur le déficit démocratique