Un syndicat intercommunal est une structure publique qui regroupe plusieurs communes ou intercommunalités afin de gérer un ou plusieurs services. Pour l'eau, il peut s'agir d'un syndicat d'alimentation en eau potable, d'assainissement ou de gestion hydraulique. Il existe deux grandes formes : le SIVU (syndicat à vocation unique, limité à une mission précise) et le SIVOM (syndicat à vocation multiple, qui gère plusieurs compétences).
Le syndicat offre une mutualisation des moyens financiers et techniques. Il est utile pour les petites communes qui n'ont pas la taille critique pour gérer seules leur service d'eau ou d'assainissement. Il peut aussi assurer une cohérence territoriale, notamment dans les territoires ruraux éclatés. Il reste un organisme public, donc juridiquement différent d'une DSP confiée à un opérateur privé.
La régie publique garde la maîtrise directe des investissements, de la tarification et de la stratégie. Elle permet d'associer les habitantes et les habitants via un CCSPL ou des conventions locales. À l'inverse, le syndicat éloigne la décision, dilue la responsabilité politique et rend difficile la mise en oeuvre d'une véritable gestion citoyenne du commun. Même s'il est juridiquement public, le syndicat peut être presque aussi opaque qu'une DSP.
Une équipe municipale engagée gagnerait à ne pas se satisfaire d'un syndicat qui fonctionne sans transparence ni participation citoyenne. Là où un syndicat existe, on peut y demander l'ouverture des données, le contrôle citoyen et refuser toute délégation à un opérateur privé. L'horizon politique reste à mon sens la régie publique, la forme la plus cohérente avec une gestion de l'eau comme commun, transparente et démocratique.