Wasson et al. (2002), les hydro-écorégions de France métropolitaine

Référence ISO 690

WASSON, Jean-Gabriel, CHANDESRIS, André, PELLA, Hervé et BLANC, Laurence. Les hydro-écorégions de France métropolitaine. Approche régionale de la typologie des eaux courantes et éléments pour la définition des peuplements de référence d'invertébrés. Lyon : Cemagref, 2002, 190 p. Disponible sur : https://hal.inrae.fr/hal-02580774.

Fiche de référence de la publication qui fonde les hydro-écorégions françaises. La note de présentation du concept est Les hydro-écorégions (HER1, HER2).

Ce qui a été fait

Le rapport répond à une commande liée à l'entrée en vigueur de la directive cadre européenne sur l'eau (2000), qui impose d'évaluer chaque cours d'eau relativement à des conditions de référence propres à son type. Pour définir ces types, il fallait un découpage du territoire en régions écologiquement homogènes.

La démarche est descendante et assumée comme telle. Plutôt que de partir de la faune ou de la flore observées, les auteurs partent des facteurs de contrôle globaux qui commandent le fonctionnement des cours d'eau.

« La démarche est basée sur une approche descendante dont le principe de base consiste à utiliser pour la classification les facteurs de contrôle globaux plutôt que leurs conséquences au niveau local. A l'échelle du bassin, les déterminants primaires universellement reconnus du fonctionnement écologique des cours d'eau sont la géologie, le relief et le climat. »

Wasson et al., 2002, ch. I, p. 13.

Trois déterminants, donc : géologie, relief, climat. Leur superposition est lue géographiquement, non passée à un algorithme de classification, parce que leur hiérarchie change selon les régions et qu'aucun automatisme ne restitue simplement cette hiérarchie mouvante.

« c'est la raison pour laquelle nous avons utilisé une approche de type "géographique" pour délimiter visuellement les régions, et non une classification automatique, car il nous semblait extrêmement difficile d'introduire dans un algorithme de classification cette notion essentielle de hiérarchisation variable d'un facteur en fonction du contexte des autres paramètres. »

Wasson et al., 2002, ch. III, p. 19.

Le résultat est un découpage à deux niveaux : 22 HER de niveau 1, précisées par une centaine d'unités de niveau 2 (107 dans le corps du rapport, arrondi à « une centaine » dans le résumé). La carte de référence est établie au 1/1 000 000. Le découpage est ensuite validé par la biologie : les peuplements d'invertébrés benthiques, sensibles aux conditions locales, varient significativement d'une HER à l'autre, ce qui confirme la pertinence des limites tracées à partir des seuls facteurs physiques.

Comment la lire

Trois précautions permettent de lire ce rapport sans lui faire dire ce qu'il ne dit pas.

Le chiffre du niveau 2 est mouvant. Le 22 du niveau 1 est stable ; le niveau 2 dépend de l'édition du référentiel et des consolidations postérieures à 2002. Citer un ordre de grandeur, pas un nombre exact glané sans source.

Les limites sont des tracés, pas des mesures. La délimitation procède d'une lecture géographique experte, revendiquée par les auteurs. À l'échelle du 1/1 000 000, les frontières entre HER, surtout dans les zones de transition, comportent une part d'incertitude qu'il faut garder en tête.

Une HER classe un milieu, elle n'organise pas une gestion. Le rapport produit une typologie écologique des cours d'eau au service de la DCE. Il ne propose ni ne suggère de gérer l'eau « par HER ». Toute lecture qui ferait des HER des circonscriptions de décision sort du cadre de la source.

Ce que j'en retiens

Trois choses ressortent de ce rapport.

D'abord, une distinction nette entre carte du milieu et territoire de décision. Les HER donnent le vocabulaire pour dire de quel type est une rivière, sans le confondre avec le bassin versant qui dit où va l'eau, ni avec le grand bassin qui dit qui décide.

Ensuite, une démonstration que le territoire de l'eau ne coïncide pas avec le découpage administratif. Les HER, fondées sur la physique, traversent régulièrement départements et régions. C'est un argument factuel contre l'idée que les limites héritées épouseraient la réalité des milieux.

Enfin, un outil de vérification et de caractérisation mobilisable à l'intérieur d'un découpage de gestion par bassin versant, sans en dessiner les frontières. Là où la maille de décision reste le bassin, les HER permettent de qualifier ce qu'il contient et de différencier les objectifs de bon état selon les types de cours d'eau.

Une limite est assumée avec la source : les HER intègrent le climat parmi leurs trois déterminants, et ce climat n'est pas stable (voir Le climat projeté (Strohmenger et al. 2024)). Le découpage vaut comme carte de connaissance à réinterroger, pas comme donnée intangible.

Voir aussi

Voir aussi (glossaire) - [Hydro-écorégion](/glossaire/hydro-ecoregion) : la définition courte