Le DEA (déséthyl-atrazine) et le DIA (déisopropyl-atrazine) sont les deux principaux métabolites de l'atrazine, un herbicide largement utilisé en France jusqu'à son interdiction en 2003. Ils résultent de la dégradation de la molécule mère par désalkylation, sous l'effet de l'activité microbienne ou de processus abiotiques, et se forment dans les sols, les nappes et les eaux de surface.
Malgré l'interdiction de l'atrazine, le DEA et le DIA sont encore régulièrement détectés dans les eaux souterraines, en particulier dans les régions à fort passé céréalier ou betteravier comme le Bassin parisien ou le nord-est de la France. Leur persistance s'explique par leur grande stabilité chimique, leur mobilité élevée dans les sols et leur faible adsorption. Ils ne disposent pas de valeur limite de qualité clairement définie et sont surveillés, au mieux, via des valeurs de référence ou des valeurs sanitaires indicatives. Ce sont les témoins persistants d'une chimie qui continue de contaminer, vingt ans après le retrait de l'atrazine.