Le risque inondation résulte de la combinaison de trois éléments : un aléa (la survenue d'un phénomène d'inondation), des enjeux exposés (personnes, biens, activités) et leur vulnérabilité (capacité à subir des dommages). Pas d'enjeux exposés, pas de risque, même si l'aléa est fort. Ce triptyque aléa-enjeux-vulnérabilité structure toute la politique de prévention en France, du SDAGE au Plan de Prévention des Risques d'Inondation (PPRI), en passant par la compétence GEMAPI confiée aux intercommunalités.
On distingue deux grandes familles d'inondation, qui ne fonctionnent pas de la même façon et ne se gèrent pas avec les mêmes outils.
L'inondation par débordement de cours d'eau est le cas classique. Une rivière monte, sort de son lit et envahit les zones basses. C'est un phénomène bien connu, cartographié dans les PPRI, surveillé par Vigicrues. On le caractérise par sa période de retour (la fameuse « crue centennale »), c'est-à-dire par sa dimension temporelle : la question est « quand ? » et « avec quelle probabilité ? ».
L'inondation par ruissellement obéit à une logique différente. Il n'y a pas de rivière : l'eau de pluie ruisselle directement sur les surfaces imperméabilisées, se concentre dans les points bas, envahit les sous-sols et les rez-de-chaussée. Ce phénomène est beaucoup moins bien connu, rarement cartographié, presque jamais couvert par un PPRI. Il représente pourtant une part croissante des sinistres, notamment en milieu urbain. Sa dimension première n'est pas temporelle mais spatiale : la question est « où ? » plutôt que « quand ? ».
Le risque d'inondation par ruissellement est un angle mort de la politique de prévention. Il échappe à la fois aux outils réglementaires (le PPRI est conçu pour les crues de rivière) et aux compétences institutionnelles (ni la GEMAPI, ni la GEPU ne couvrent clairement le ruissellement diffus). Le rapport du CGEDD de 2017 sur la gestion des eaux pluviales alertait déjà sur ce déficit. Le changement climatique, en intensifiant les pluies courtes et violentes, renforce encore cet aléa.
La gestion à la source des eaux pluviales est l'une des réponses les plus efficaces : en infiltrant l'eau là où elle tombe, on réduit le ruissellement avant qu'il ne devienne un risque.