Définition

Le ruissellement est l'écoulement de l'eau de pluie à la surface du sol lorsqu'elle ne peut pas s'infiltrer. C'est un phénomène naturel, mais l'imperméabilisation des sols le transforme en problème : sur un sol naturel, 10 à 30 % de la pluie ruisselle ; sur du béton ou de l'asphalte, c'est 60 à 95 %. Plus une ville est imperméabilisée, plus elle ruisselle, plus vite, et plus fort.

Deux mécanismes le produisent. Le ruissellement hortonien survient quand l'intensité de la pluie dépasse la capacité du sol à absorber l'eau : c'est le cas dominant en ville, où les surfaces étanches ont une capacité d'infiltration quasi nulle. Le ruissellement par saturation se produit quand le sol est déjà gorgé d'eau et ne peut plus rien absorber, même sous une pluie modérée : c'est le cas typique des zones humides, des bas-fonds et des prairies après un épisode pluvieux prolongé.

Pourquoi c'est un aléa spatial

Le ruissellement est d'abord un phénomène géographique. Certains endroits sont structurellement prédisposés à le produire (surfaces imperméables, sols argileux), à le transférer (pentes fortes, rues en caniveau) ou à l'accumuler (points bas, cuvettes, pieds d'immeubles). Cette prédisposition est une propriété permanente du territoire, qui ne dépend pas de la pluie du jour. C'est pourquoi on parle d'aléa spatial, par opposition à l'aléa temporel de la crue de rivière (caractérisé par sa période de retour).

Cartographier le ruissellement, c'est donc d'abord répondre à la question « où ? » avant de répondre à la question « quand ? ». C'est ce que font les modèles de susceptibilité au ruissellement, à l'image d'IRIP (INRAE, échelle nationale) ou des approches de modélisation développées en recherche pour le milieu urbain.

Ce qu'une collectivité peut faire

La gestion à la source agit directement sur le ruissellement en réduisant sa production (par la désimperméabilisation), en ralentissant son transfert (par les noues et les bandes enherbées) et en limitant son accumulation (par les jardins de pluie et les bassins végétalisés). Plus on gère l'eau au plus près de là où elle tombe, moins elle a le temps de se concentrer et de causer des dégâts.

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