Une zone humide est un espace naturel, en permanence ou temporairement, imprégné d'eau ou recouvert d'eaux stagnantes ou courantes. Prairies inondables, tourbières, marais, bordures de lacs, ripisylves : ces milieux se caractérisent par des sols gorgés d'eau et une végétation spécifique, adaptée à ces conditions d'humidité. En France, leur définition juridique repose sur deux critères : des sols saturés d'eau au moins une partie de l'année, et des plantes qui ne poussent que dans ces conditions (végétation hygrophile).
Les zones humides rendent des services irremplaçables, et pourtant largement méconnus.
Elles écrêtent les crues. En stockant temporairement l'eau lors des épisodes de pluie, elles réduisent les pics de crue en aval. Des études montrent une réduction de 10 à 30 % des débits de pointe pour les crues fréquentes.
Elles rechargent les nappes. L'eau qu'elles retiennent s'infiltre lentement dans le sol et alimente les nappes souterraines, assurant un soutien des débits des rivières en période de sécheresse.
Elles épurent l'eau. La végétation et les sols des zones humides filtrent naturellement les polluants : nitrates, phosphore, pesticides, matières en suspension. Ce sont de véritables stations d'épuration naturelles.
Elles abritent la biodiversité. Les zones humides concentrent une richesse biologique exceptionnelle : amphibiens, oiseaux d'eau, insectes, plantes rares. En France, elles accueillent environ 50 % des espèces d'oiseaux et 30 % des espèces végétales remarquables.
La France a perdu plus de la moitié de ses zones humides au cours du XXe siècle, sous l'effet du drainage agricole, de l'urbanisation et de l'aménagement des cours d'eau. Et nous continuons à en détruire. Chaque zone humide asséchée, c'est un service rendu à la collectivité qui disparait : une crue qui ne sera plus atténuée, une nappe qui ne sera plus rechargée, une eau qui ne sera plus filtrée.
La Directive Cadre Européenne sur l'Eau et les SAGE imposent la préservation et la restauration des zones humides. La compétence GEMAPI donne aux intercommunalités les moyens d'agir. Mais la volonté politique reste souvent insuffisante face aux pressions foncières et agricoles.
[!remarque] Les zones humides sont protégées par la loi. Toute destruction est en principe soumise à autorisation et à compensation. Mais dans les faits, le contrôle est insuffisant et les compensations souvent théoriques. Signaler une destruction de zone humide à la DDT (Direction Départementale des Territoires) ou à l'OFB (Office Français de la Biodiversité) est un acte utile.