L'eau distribuée désigne, au sens du Code de la santé publique, l'eau potable destinée à la consommation humaine après traitement et acheminée jusqu'au robinet de l'habitant. Elle constitue l'ultime étape du circuit de l'eau potable, après l'eau brute (captée dans le milieu naturel) et l'eau traitée (en sortie d'usine), et fait l'objet d'une surveillance sanitaire spécifique.
La responsabilité de sa qualité incombe aux communes, qui l'exercent en régie publique ou par délégation de service public. Le contrôle sanitaire est assuré par les Agences régionales de santé : en 2022, plus de 18,5 millions d'analyses ont été réalisées sur environ 320 000 prélèvements. Selon la taille du réseau, entre 70 et 90 paramètres sont surveillés (microbiologie, physico-chimie, métaux, quelques pesticides, et les PFAS à partir de 2026). La distinction entre eau brute, traitée et distribuée permet de localiser les points de défaillance, mais la faible transparence sur les traitements et la disparité des contrôles selon la taille des communes nourrissent une défiance croissante. L'eau distribuée n'est pas une évidence technique : c'est une construction collective, un commun vital à défendre à chaque étape.