L'écorégion Isère-Durance réunit l'Isère, le Drac, la Durance et le Verdon, du glacier alpin à la confluence rhodanienne.
Le milieu est fortement contrasté : c'est un bassin de montagne, où l'amont raide et l'aval de plaine cohabitent dans une même écorégion. Cette tension amont-aval est assumée, elle est la signature d'un découpage par bassin de drainage.
Cette écorégion est assise sur de grands bassins sédimentaires et partage 30 masses d'eau souterraines avec ses voisines, l'un des plus forts partages de nappes du jeu. Chaque nappe à cheval appelle une instance de cogestion.
Eau déportée : cette écorégion fournit. La Durance et le Verdon, prélevés ici, alimentent la Provence urbaine du Bas-Rhône-Provence (aire d'Aix, Marseille et Toulon) par les canaux de Marseille et de Provence. Ce transfert hors bassin appelle une assemblée-ressource à deux collèges, fournisseur et tributaire, pour que les vallées qui donnent l'eau pèsent à hauteur de la ressource et pas de leur seule population.
L'Isère-Durance est l'écorégion-témoin du choix de bassin contre le milieu : elle réunit l'Isère, le Drac, la Durance et le Verdon, tous nés des Alpes internes, dans une seule unité qui va du glacier à la confluence rhodanienne. C'est la plus montagnarde du jeu (84,8 % de la population en massif, pente moyenne 17,3 degrés, sommets à 4 004 mètres) et la plus contrastée en climat (sept types Köppen se partagent le territoire, de la toundra d'altitude au méditerranéen des basses vallées). Une carte du milieu (HER) aurait coupé ce bassin en plusieurs morceaux ; le découpage par bassin le tient d'un seul tenant, parce que c'est la même eau qui descend, et parce que l'amont alpin et l'aval provençal doivent délibérer ensemble. Surtout, c'est le grand fournisseur d'eau déportée du Sud : la Durance et le Verdon alimentent la Provence urbaine du Bas-Rhône-Provence, prélevés ici et exportés hors de leur bassin par les canaux de Marseille et de Provence. Garder Isère-Durance distinct rend visible ce rôle de château d'eau : les vallées fournisseuses, peu peuplées, doivent peser à hauteur de la ressource qu'elles donnent, pas de leur seule population. La tension relief-climat est ici maximale, et pleinement assumée : elle est la raison d'être d'une gestion par bassin.
Cette fiche fait partie du portrait des vingt-quatre écorégions. Pour comprendre la démarche d'ensemble :
Quelques mots-clés au glossaire : bassin versant, hydro-écorégion, biorégion.
D'autres cartes pour explorer les vingt-quatre écorégions : le portrait, le climat, la cogestion des nappes, les scénarios de découpage.