L'écorégion Leyre et Landes de Gascogne isole le bassin sableux et plat du plateau landais, où l'eau s'infiltre plus qu'elle ne ruisselle.
Le milieu est homogène : relief doux et climat d'un seul type sur presque toute la surface. Ici, le bassin de drainage et l'unité de milieu coïncident, sans tension à porter.
Comme la plupart des écorégions de plaine sédimentaire, elle partage plusieurs masses d'eau souterraines avec ses voisines : aucune ligne de surface ne contient une nappe, et chaque aquifère partagé appelle une instance de cogestion plutôt qu'un redécoupage qui prétendrait l'effacer.
La Leyre et les petits fleuves côtiers du plateau landais forment le cas le plus atypique du jeu : un bassin sableux, plat (pente moyenne 1,05 degré, la plus faible des vingt-quatre) et en partie endoréique, où l'eau s'infiltre dans la nappe des sables plutôt que de ruisseler, et où le grand étang d'Arcachon reçoit un drainage lent. L'écorégion isole ce système (HER Landes à 93 %) parce qu'il ne fonctionne comme aucun autre : ni versant pyrénéen, ni bassin garonnais, mais une immense forêt de pins sur nappe libre, avec seulement 428 000 habitants sur 131 communes, la population la plus faible du jeu continental. La ligne de partage la sépare de l'Adour au sud, de la Garonne à l'est, de la Dordogne au nord-est : dans les trois cas, les eaux partent ailleurs. Sa cohérence tient au milieu et au régime hydrologique, non à la démographie : c'est un territoire de gestion de nappe, de forêt et de qualité (fragilité de la ressource sableuse, pression de l'irrigation du maïs). La fusionner avec un grand voisin noierait la spécificité landaise dans des logiques de fleuve qui ne la concernent pas ; la maintenir, c'est reconnaître un mode de circulation de l'eau unique en France.
Cette fiche fait partie du portrait des vingt-quatre écorégions. Pour comprendre la démarche d'ensemble :
Quelques mots-clés au glossaire : bassin versant, hydro-écorégion, biorégion.
D'autres cartes pour explorer les vingt-quatre écorégions : le portrait, le climat, la cogestion des nappes, les scénarios de découpage.