Définition

Un paiement pour services environnementaux (PSE, parfois « paiement pour services écosystémiques ») est un dispositif par lequel un acteur en rémunère un autre pour qu'il préserve un service rendu par un écosystème. Exemple classique dans le domaine de l'eau : un exploitant d'eau potable paie des agriculteurs situés en amont d'un captage pour qu'ils adoptent des pratiques moins polluantes et protègent ainsi la qualité de la nappe. Le cas de la source de Vittel, dans les Vosges, où Nestlé Waters rémunère des agriculteurs de son bassin d'alimentation, est l'exemple le plus étudié en France.

Ce que le terme masque

Le PSE part d'une intention pragmatique : financer la protection de la nature là où la seule réglementation échoue. Certains dispositifs donnent des résultats. Mais deux critiques de fond méritent d'être posées honnêtement.

D'abord, le PSE transforme une obligation morale (ne pas polluer l'eau) en transaction marchande (je te paie pour ne pas polluer). Si le paiement s'arrête, la pratique vertueuse cesse. Le commun est remplacé par le contrat, et la protection devient conditionnelle au versement.

Ensuite, la critique classique de Nicolás Kosoy et Esteve Corbera, publiée en 2010 sous le titre « Payments for ecosystem services as commodity fetishism », soutient que réduire un écosystème à un service tarifé masque trois choses : la complexité écologique du milieu, les valeurs non économiques qui s'y attachent, et les rapports de pouvoir entre celui qui paie et celui qui est payé (Kosoy et Corbera, 2010). On fabrique une abstraction qui circule sur un marché mais qui a perdu le lien avec le vivant réel. Dans le cas de Vittel, la critique observe qu'une firme achète, en payant la dépollution en amont, le droit de continuer son prélèvement en aval.

La position d'HydroLooney

Le PSE peut être un outil d'appoint, mais il ne fait pas de l'eau un commun : il en fait un service tarifé. La priorité doit rester à la règle collective et au principe pollueur-payeur au sens strict (celui qui pollue paie la réparation), et non à un pollueur qui paierait pour continuer. Là où le PSE remplace la délibération par le contrat, il faut lui préférer la démocratie de l'eau.

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