Définition

La compensation écologique est le dernier maillon de la séquence « éviter, réduire, compenser » (ERC) inscrite dans le droit français : un projet qui détruit un milieu naturel doit d'abord éviter les atteintes, puis les réduire, et seulement en dernier recours compenser les dommages résiduels en restaurant ou en recréant un milieu équivalent ailleurs. Pour une zone humide détruite, on exigera par exemple la restauration ou la création d'une surface équivalente sur un autre site.

Ce que le terme masque

La compensation repose sur un postulat de substituabilité : X hectares détruits égalent Y hectares recréés. Ce postulat est fragile. Une zone humide ancienne, avec son sol, son hydrologie, sa biodiversité accumulée sur des siècles, ne se remplace pas par une zone humide artificielle creusée à la pelle mécanique. Le calcul, souvent monétaire, fabrique une équivalence comptable là où le vivant est unique et non fongible.

Le risque, dénoncé de longue date, est que la compensation devienne un permis de détruire : dès lors qu'une atteinte peut être « compensée », l'étape « éviter » se relâche. La séquence ERC, pensée pour protéger, peut se retourner en licence d'artificialisation. C'est le même mécanisme de marchandisation que celui des paiements pour services environnementaux et du capital naturel : on abstrait un fragment du vivant pour l'échanger.

La position d'HydroLooney

La priorité doit rester à l'évitement, jamais à la compensation. Compenser doit être l'exception traitée avec suspicion, pas la routine qui déculpabilise la destruction. Pour l'eau, cela signifie tenir fermement le principe de non-régression et refuser que la comptabilité en hectares serve d'alibi à l'artificialisation.

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