Fiche du kit municipales. Elle reprend la proposition du livret eau « Assurer le droit à l'eau dans les Outre-mer » et l'article du constat « En outre-mer, le droit à l'eau et à l'assainissement bafoué ».

Aucune déclinaison spécifique dans le kit municipal. Les constats et urgences propres aux Outre-mer doivent être reliés aux enjeux de justice sociale et climatique mis en avant par le programme.

Dans les Outre-mer, le droit à l'eau est une urgence démocratique, sociale et sanitaire. Les constats sont accablants : tours d'eau quotidiens en Guadeloupe et en Martinique, factures exorbitantes à La Réunion, fontaines payantes à Mayotte, contamination massive au chlordécone, réseaux vétustes et pertes colossales en Guyane. Ces situations ne sont pas des fatalités techniques, elles sont le produit de décennies d'abandon de l'État et de gestion privatisée inefficace. L'eau y est plus qu'ailleurs révélatrice de l'injustice sociale et de la dépendance coloniale.

Une approche engagée place d'abord la dignité au centre. Garantir l'accès quotidien à une eau de qualité doit être la priorité absolue, « quoi qu'il en coûte ». Cela suppose des investissements massifs de l'État, mais aussi une reprise en régie publique des réseaux, sous contrôle citoyen, pour mettre fin à la rente captée par les opérateurs privés. L'annulation des dettes liées à un service non rendu est une mesure de justice élémentaire, qui redonne confiance aux habitants et rompt avec l'injustice structurelle.

Les Outre-mer sont aussi des territoires d'avant-poste face au changement climatique. Les sécheresses prolongées, la salinisation des nappes et la multiplication des crises sanitaires appellent des réponses systémiques. La gestion à la source doit y trouver toute sa place : récupération de l'eau de pluie, réutilisation des eaux usées traitées, restauration des zones humides littorales qui constituent des protections naturelles contre la submersion et la pollution. Ces solutions doivent être conçues avec et pour les populations locales, dans une logique de souveraineté populaire.

Le chlordécone est un pesticide interdit depuis 1993 mais qui a contaminé durablement les sols et les nappes en Guadeloupe et en Martinique. 90 % de la population est touchée. Le lien avec des pathologies graves comme le cancer de la prostate est établi. La dépollution totale est impossible à court terme : il faut développer des techniques de filtration et de substitution, et surtout reconnaître et réparer le scandale sanitaire par des mesures d'accompagnement et d'indemnisation.

Même si le kit municipal ne propose pas de déclinaison directe pour les Outre-mer, une mairie hexagonale peut être un relais politique. Elle peut voter des motions de soutien, développer des coopérations décentralisées en fléchant une partie de ses budgets de solidarité internationale vers des projets de l'eau dans les Outre-mer, et intégrer systématiquement les questions ultramarines dans ses diagnostics écologiques. C'est une manière d'articuler la solidarité nationale et la justice écologique.

Assurer le droit à l'eau dans les Outre-mer, c'est affirmer que l'égalité républicaine ne peut exister sans égalité hydrique. C'est rompre avec la logique coloniale qui tolère pour des millions de Françaises et Français ce qui serait jugé intolérable dans l'Hexagone. C'est faire de l'eau un commun de plein droit, au coeur de la refondation démocratique et écologique.