Cette page reprend l'article « Une qualité de l'eau dégradée et en danger » du livret eau de L'Avenir en commun (texte extrait le 8 mai 2025, source : programme.lafranceinsoumise.fr/livrets/eau-bien-commun).

En France, on prélève gratuitement dans la nature près de 5,4 milliards de mètres cubes pour la potabilisation d'eau. En 2015, seules 44,2 % de l'eau de surface est en bon ou très bon état écologique et 62,9 % en bon état chimique. 90 % des cours d'eau sont pollués aux pesticides et leurs métabolites.

Potabiliser l'eau se fait au prix d'investissements importants et de coûts insupportables pour certains usager·es. La disponibilité d'une source d'eau de qualité et abondante exige des milieux aquatiques vivants et un fonctionnement harmonieux de la biodiversité. La terre et la nature filtrent naturellement et gratuitement l'eau, ce sont des biens communs à protéger.

Un modèle d'agriculture intensive polluant

L'utilisation de produits phytopharmaceutiques est la principale cause de la dégradation de la ressource. Seulement 206 pesticides sur les 750 existants dans la nature sont recherchés dans l'eau potable par les autorités sanitaires. 450 000 consommateur·ices boivent une eau dépassant les normes maximales en pesticides. La France a aussi été condamnée plusieurs fois pour le non-respect de la directive « Nitrate » par l'Union européenne, aux ambitions pourtant insuffisantes.

Des rejets d'eaux usées mal organisés et insuffisamment contrôlés

Les cas de pollution des écosystèmes sont nombreux : boues rouges près de Marseille, activités industrielles des groupes Cristalline et Lactalis. La législation environnementale est peu respectée, faute de moyens de contrôle. Il y a un·e agent·e de l'Office français de la biodiversité pour 1 000 kilomètres de rivières en France, et l'équivalent de 2,5 agent·es de contrôle par département. Cette absence de police de l'eau organise l'impunité des pollueurs. Il revient souvent moins cher aux industriels de payer les amendes que de changer leurs pratiques.

La pollution plastique, fléau majeur

Chaque année, 20 millions de tonnes de déchets dont 8 à 18 millions de tonnes de plastique se déversent dans les océans via les cours d'eau. Dans les océans, 90 % de ces déchets deviennent des microplastiques ingérés par les poissons et les mammifères marins. Cela est extrêmement néfaste pour leur santé, leur reproduction et pour l'alimentation humaine. Les causes sont une gestion des déchets et des eaux pluviales déficiente, une prévention inadéquate et de nombreux dépôts sauvages.

Substances chimiques et perturbateurs endocriniens au robinet

Pesticides, biocides, métaux lourds, hydrocarbures, perturbateurs endocriniens, médicaments, reliquats de l'activité industrielle, agricole ou domestique, pollutions diffuses dues au transport routier : les produits chimiques présents dans les masses d'eau sont multiples. Leur diversité, leur présence à faible concentration, leurs métabolites de dégradation et leurs possibles interactions sont de réelles menaces pour la vie aquatique et la santé humaine.

L'assainissement ne peut pas tout

L'assainissement est essentiel afin de garantir que les milieux naturels soient les moins pollués possible et pour préserver les populations des épidémies.