Cette page reprend l'article « Notre constat : l'eau en danger » du livret eau de L'Avenir en commun (texte extrait le 8 mai 2025, source : programme.lafranceinsoumise.fr/livrets/eau-bien-commun).

L'eau est un élément essentiel à toute vie sur Terre, elle-même composée à 70 % d'eau. C'est de ce bien commun que dépend notre survie quotidienne : 3 jours sans eau et nous sommes mort·es. C'est aujourd'hui le défi numéro un de l'humanité.

En effet, l'accès à l'eau n'est pas garanti. Dans le monde, 2,2 milliards de personnes vivent sans accès à une eau saine et 144 millions boivent une eau non traitée. Près d'une personne sur deux vit sans pouvoir accéder à des toilettes et à un système d'assainissement sûr.

Or l'eau est indispensable à la vie, à l'hygiène et au développement des sociétés. Les conséquences sanitaires d'un manque d'eau ou d'une eau insalubre sont dramatiques. 3 milliards d'individus ne peuvent se laver les mains à leur domicile. Ils sont plus fortement exposés aux maladies et aux épidémies en cours et à venir, dont le Covid-19. Les maladies « hydriques » (diarrhée, choléra) sont responsables de sous-nutrition, d'absentéisme scolaire, de pertes économiques mais aussi de nombreux décès : 6 millions de personnes (dont 2 millions d'enfants) meurent chaque année de diarrhée, due principalement à la mauvaise qualité de l'eau et au manque d'assainissement.

En France hexagonale, 1,4 million de personnes n'ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité et plus de 870 000 personnes n'ont qu'un accès limité à des installations sanitaires. 90 % des cours d'eau sont pollués aux pesticides tandis qu'on trouve des microplastiques dans l'eau potable. Deux millions de personnes ont des factures d'eau et d'assainissement qui représentent plus de 3 % des revenus. Les Outre-mer sont particulièrement concernés : la moitié de l'eau part en fuites dans des canalisations vétustes.

Il ne s'agit pas seulement d'un problème de qualité. C'est aussi un problème de quantité. Le réchauffement climatique perturbe le cycle de l'eau. Sécheresses et pluies diluviennes s'alternent. L'eau vient à manquer. Or, celle-ci est inégalement répartie sur le globe : 9 pays se partagent 60 % des réserves mondiales d'eau. 40 % de la population mondiale souffre déjà de pénuries d'eau au moins une fois par an, selon l'ONU. D'ici 2030, la moitié de la population mondiale, soit quatre milliards de personnes, vivra dans des régions en manque d'eau. 30 % de la population européenne vivra dans des régions où l'eau sera rare toute l'année. La guerre de l'eau est commencée.

Malgré les alertes, l'eau est gérée comme une marchandise, faisant l'objet de spéculations toujours plus fortes. Ce système tire profit de la catastrophe qu'il provoque. Ainsi, l'eau est déjà cotée en bourse en Californie tandis que les sécheresses et les incendies géants deviennent la norme. L'eau potable est accaparée par les multinationales, tandis que l'assainissement est rarement une priorité des gouvernements. La prédation humaine sur l'eau se vérifie par le concept « d'eau virtuelle ». Il s'agit de la quantité d'eau utilisée pour fabriquer un bien de consommation. En France, notre « empreinte sur l'eau » par habitant·e est ainsi de 5 000 litres par jour dont seulement 150 l/j pour l'eau domestique. Environ un cinquième de l'eau consommée dans le monde est de l'eau « virtuelle », échangée entre les pays sous forme de produits agricoles ou industriels.

Elle est pourtant indispensable à l'ensemble de nos activités. En moyenne dans le monde, l'eau est utilisée à 69 % pour l'agriculture, 19 % pour l'industrie, 12 % pour les usages domestiques. Le droit à l'eau et à l'assainissement de qualité a été reconnu comme un droit humain fondamental par les Nations unies en 2010. L'initiative citoyenne européenne Right to Water (droit à l'eau) a rassemblé en 2014 plus de 1,6 million de signatures. Mais la directive européenne sur l'eau potable qui en découle ne reconnaît pas le droit à l'eau et ne contraint pas les États membres. Il y a pourtant urgence à agir en France et sur le plan international. La maîtrise du cycle de l'eau s'impose comme une priorité. Ce bien commun doit être préservé des pollutions et de l'épuisement. Il doit donc être géré comme tel.