Cette page reprend l'article « Une mainmise sur l'eau croissante mais contestée » du livret eau de L'Avenir en commun (texte extrait le 8 mai 2025, source : programme.lafranceinsoumise.fr/livrets/eau-bien-commun).

Par les multinationales de l'eau potable et de l'assainissement

43 % de la population française, soit 28 millions d'habitant·es, bénéficient d'une gestion publique de l'eau potable. Elle représente les deux tiers des services. La gestion privée est inférieure en nombre de contrats, mais couvre plus de monde. Les multinationales opèrent surtout dans les zones urbaines où les chiffres d'affaires sont plus importants. La gestion de l'eau potable par des entreprises privées génère des frais supplémentaires pour les usager·es : marges commerciales, publicité, marketing, rémunération des actionnaires, fiscalité locale et nationale. À périmètre identique d'intervention, la gestion publique est en moyenne 25 % moins chère que la gestion privée.

L'OPA de Veolia sur Suez risque de conduire à la suppression de 2 500 postes à Suez et à une forte augmentation des tarifs de l'eau potable en raison du quasi-monopole de Veolia.

Par les multinationales de l'eau en bouteille

Dans maints territoires, les multinationales de l'eau en bouteille ont pris le contrôle de la ressource. En France, bien que tous les ans les communes de Volvic et Vittel soient touchées par des sécheresses, Danone et Nestlé peuvent continuer à puiser toujours plus pour envoyer des bouteilles d'eau en majorité à l'étranger. Nestlé surexploite les nappes de Vittel, en prélevant 2,5 millions de mètres cubes d'eau chaque année au détriment des habitant·es et des écosystèmes. Par ailleurs, l'eau en bouteille est à quantité égale 100 fois plus chère que l'eau du robinet et son empreinte écologique est extrêmement élevée à cause de l'utilisation des matières plastiques pour la production des bouteilles.

Le risque pesant sur Saint-Gobain

Saint-Gobain Pont-à-Mousson est le leader européen de la production de fonte ductile (capable de se déformer sans se rompre) pour les canalisations d'eau potable et d'assainissement. Plus de 50 % des canalisations européennes sortent de cette usine. En 2019, Saint-Gobain PAM a failli être racheté par un groupe chinois. Perdre Saint-Gobain PAM reviendrait à perdre la capacité du bon approvisionnement en eau. C'est un enjeu de souveraineté.