Fiche du kit municipales. Elle reprend la proposition du livret eau « Garantir l'accès à l'eau potable et à l'assainissement » et l'approfondit à l'échelle communale.
Le kit municipal ne formule pas de mesure explicite sur ce sujet, mais plusieurs mesures connexes peuvent être reliées, notamment la lutte contre la pauvreté, le logement indigne ou la santé publique.
Garantir l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est un des points de convergence les plus forts entre les besoins sociaux immédiats et la transformation écologique. Même si le kit argumentaire municipal ne formule pas de mesure explicite sur ce sujet, une mairie engagée pour l'eau publique dispose de marges de manoeuvre importantes pour agir, souvent au croisement de ses compétences en matière de logement, de santé publique et d'aménagement urbain.
Première exigence : assurer la continuité de l'eau dans tous les foyers. Les coupures d'eau pour impayés doivent être proscrites dans une régie municipale ou intercommunale. C'est un droit humain fondamental, et les mairies engagées peuvent affirmer ce principe dans leurs règlements de service. La gratuité des premiers mètres cubes nécessaires à la vie digne est un choix politique possible, compensé par une tarification progressive qui fait payer plus cher les usages de confort et de luxe (piscines privées, résidences secondaires, grands consommateurs industriels).
Deuxième exigence : lutter contre l'habitat indigne. Dans de nombreux territoires, l'accès à l'eau est encore entravé par des logements insalubres, des branchements illégaux ou des compteurs collectifs mal gérés. Une municipalité peut conditionner ses politiques de rénovation urbaine à la mise aux normes de l'alimentation en eau, installer des points d'eau et sanitaires publics gratuits, et garantir l'accès à des bains-douches, notamment pour les personnes sans domicile ou vivant en habitat précaire. Ces équipements sont des outils concrets de dignité et de justice sociale.
Troisième exigence : investir dans les réseaux. Les fuites massives et les canalisations vétustes sont une source d'injustice sociale : les habitants payent une eau qu'ils ne reçoivent pas. Une régie publique peut réorienter ses marges pour financer le renouvellement, à raison de 1 à 2 % du réseau par an. C'est un chantier lourd, mais il est possible d'enclencher un plan pluriannuel priorisant les quartiers populaires et les zones les plus exposées aux ruptures de service.
Enfin, une commune isolée dans une grande métropole peut déjà agir à son échelle : mettre fin aux coupures d'eau dans ses logements sociaux, créer des fontaines à eau dans l'espace public, flécher une partie de son budget participatif vers des projets d'accès à l'eau, ou exiger dans les instances intercommunales que les principes de gratuité vitale et de tarification progressive soient adoptés. Ces choix locaux, même minoritaires, déplacent le débat et obligent les autres forces politiques à se positionner.
Garantir l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, c'est articuler trois dimensions : une gestion publique qui interdit les coupures, une politique sociale qui donne accès à l'eau partout et pour toutes et tous, et un investissement structurant qui sécurise le réseau à long terme. C'est la condition pour faire de l'eau un véritable droit et non une marchandise.