Fiche du kit municipales. Elle reprend la proposition du livret eau « Promouvoir le droit à l'eau à l'international » et l'approfondit à l'échelle communale.
Le kit ne contient pas de mesure explicitement dédiée à l'eau au niveau international. Cependant, les mesures relatives à la paix, à la solidarité et à la coopération internationale peuvent être rapprochées de la logique du livret eau, qui fait de l'eau un enjeu global de justice et de souveraineté populaire.
Promouvoir le droit à l'eau à l'international, c'est reconnaître que la question de l'eau ne connaît pas de frontières. La raréfaction de la ressource, la pollution généralisée et les conflits d'usage s'inscrivent dans une dynamique mondiale, où les inégalités d'accès à l'eau sont une des premières sources de tensions sociales, sanitaires et géopolitiques. Le livret eau propose de faire de l'eau un pilier de la diplomatie écologique française, à travers la reconnaissance du droit universel à l'eau et la création d'instances onusiennes dédiées.
Dans cette perspective, une mairie engagée pour l'eau publique, même à une échelle locale, peut jouer un rôle. D'abord par la coopération décentralisée : flécher une partie de son budget de solidarité internationale vers des projets d'accès à l'eau et à l'assainissement dans les pays du Sud, en privilégiant les partenariats publics-publics et en refusant les partenariats public-privé qui reproduisent les logiques d'accaparement et de privatisation. Ces coopérations doivent être pensées dans une logique d'égal à égal, où l'expertise technique (gestion en régie, désimperméabilisation, phyto-épuration) est partagée et adaptée aux contextes locaux.
Une mairie peut également s'affirmer politiquement sur la scène internationale : par des jumelages, par des déclarations de soutien aux luttes pour l'eau (comme celles contre l'accaparement par les multinationales au Chili, en Bolivie ou en Afrique du Sud), par des motions votées en conseil municipal pour reconnaître l'écocide comme crime international. De telles positions contribuent à faire pression pour que la France cesse de soutenir les projets climaticides et les entreprises prédatrices de l'eau à l'étranger.
Reconnaître l'eau comme commun mondial implique trois principes : interdiction de l'accaparement par des acteurs privés, gestion démocratique et transparente à chaque échelle (locale, nationale, internationale), et solidarité effective avec les peuples les plus vulnérables. Cela suppose de rompre avec la logique de marchandisation de l'eau promue par la Banque mondiale et l'Union européenne.
À l'échelle locale, il est aussi possible de tisser des liens directs entre luttes : relier les combats contre les méga-bassines en France avec ceux contre l'accaparement des nappes en Amérique latine, ou la lutte contre les PFAS dans les eaux françaises avec celle contre les pollutions industrielles imposées aux pays du Sud par les multinationales. Ces liens nourrissent une conscience internationaliste et donnent un ancrage concret à la notion d'altermondialisme écologique.
Promouvoir le droit à l'eau à l'international, pour une commune engagée, c'est donc articuler solidarité concrète et parole politique forte : en soutenant les coopérations publiques, en relayant les luttes internationales, et en affirmant que l'eau est un droit humain et un commun mondial, indissociable de la justice sociale et climatique.