Cette page reprend l'article « Sur le plan international, la privatisation de l'eau et les conflits augmentent » du livret eau de L'Avenir en commun (texte extrait le 8 mai 2025, source : programme.lafranceinsoumise.fr/livrets/eau-bien-commun).

Les tensions géopolitiques ayant l'eau pour origine sont de plus en plus nombreuses : entre l'Éthiopie et l'Égypte, entre la Turquie, la Syrie et l'Irak, entre l'Inde et la Chine. Ces conflits soulignent la nervosité des États quant aux risques de manque d'eau douce nécessaire pour assurer leur développement.

Dans ce contexte, les majors de l'eau développent les contrats privés, profitant de la rareté croissante de l'eau : il s'agit d'exploiter et de rentabiliser un énorme marché opérant sur tout le cycle de l'eau. Ces compagnies ne gèrent que les segments les plus profitables ou signent des partenariats public-privé (PPP) très coûteux pour les États. Des dirigeants de ces multinationales pilotent des organisations de lobbying public-privé comme le Conseil mondial de l'eau. Dans ces conditions, le droit à l'eau potable est subordonné aux exigences de rentabilité. Les populations sont exclues des décisions et la gestion des installations est souvent néfaste pour la biodiversité.

De la marchandisation à la financiarisation

Trente-sept États ont attribué à certains acteurs une forme de propriété privée de droits d'utilisation et de stockage de l'eau et des infrastructures hydriques, dont des États qui souffrent de pénuries d'eau aggravées par le changement climatique.

Au Chili, les droits d'eau sont entre les mains des grandes fortunes et des industries extractivistes. Les populations s'élèvent contre la surexploitation et la pollution des nappes et des eaux de surface, et les paysan·nes luttent pour l'accès à l'eau. L'élaboration d'une nouvelle Constitution devrait permettre de modifier le Code de l'eau.

Fin 2020, un indice boursier a même été créé en Californie. Ainsi, les bourses américaines lanceront des contrats à terme sur l'eau californienne, sur le même principe que le pétrole ou le blé. La finance risque de tirer les prix de l'eau à des niveaux très élevés.