Modèle d'avis à reprendre, adapter et déposer dans le cadre de l'enquête publique sur le parc d'excellence de Hatten. Angle : promesses d'emplois, trafic et statut PENE.
Informé du projet de parc d'excellence industrielle à Hatten et concerné par ses incidences possibles sur l'environnement, l'eau, les paysages et l'organisation du territoire, je souhaite contribuer à la présente enquête publique environnementale. Cette contribution expose les éléments qui, à mon sens, ne permettent pas de considérer le projet comme suffisamment soutenable ou justifié en l'état, et qui me conduisent à me positionner défavorablement par rapport au projet soumis à l'enquête.
Le projet de ZAC repose essentiellement sur une promesse de « parc d'excellence », mais sans qu'aucun industriel ne soit identifié. Les annonces d'emplois ne sont accompagnées d'aucune information concrète : ni métiers, ni procédés, ni volumes d'activité, ni plan de montée en charge. On demande donc au territoire d'accepter des aménagements lourds au nom d'une projection entièrement spéculative.
Ces incertitudes sont aggravées par la nature même de la filière mise en avant. Les retours techniques de projets similaires à l'étranger montrent une instabilité forte : interruptions fréquentes, corrosion, dépendance à une chaleur continue non garantie, sous-produits difficiles à traiter. En outre, le marché du lithium connaît une baisse historique, passant d'environ 80 000 dollars la tonne en 2020 à 10 000 dollars aujourd'hui. Miser sur une filière dont les fondements économiques se dégradent rapidement expose le territoire à un risque important d'infrastructures sous-utilisées.
Le statut PENE est souvent évoqué ou suggéré, mais la réalité est toute autre : la ZAC n'est pas un projet PENE. La quasi-totalité des surfaces artificialisées sera imputée au territoire local, en contradiction avec les exigences de sobriété foncière. Ce point fondamental n'est pas présenté clairement au public.
Le dossier reste également silencieux sur les impacts en matière de trafic routier et d'infrastructures. Une zone de cette ampleur génère nécessairement une augmentation des flux : camions, transport de matières premières, réactifs, pièces techniques, résidus, déplacement des salariés. Aucun chiffrage n'est proposé, alors même que le réseau local n'est pas dimensionné pour absorber de tels volumes sans conséquences sur la sécurité et la qualité de vie des habitants.
Enfin, l'ensemble de la stratégie repose sur un morcellement des procédures qui empêche toute vision régionale. Le projet concerne pourtant tout l'arc rhénan et aurait dû être soumis à un débat public encadré par la CNDP.
Les incertitudes sont majeures ; les destructions d'espaces agricoles et les impacts sur les infrastructures seraient, eux, définitifs. Pour ces raisons, je formule un avis défavorable au projet de ZAC de Hatten.