Modèle d'avis à reprendre, adapter et déposer dans le cadre de l'enquête publique sur le parc d'excellence de Hatten. Angle : morcellement des procédures et débat public escamoté.
Informé du projet de parc d'excellence industrielle à Hatten et concerné par ses incidences possibles sur l'environnement, l'eau, les paysages et l'organisation du territoire, je souhaite contribuer à la présente enquête publique environnementale. Cette contribution expose les éléments qui, à mon sens, ne permettent pas de considérer le projet comme suffisamment soutenable ou justifié en l'état, et qui me conduisent à me positionner défavorablement par rapport au projet soumis à l'enquête.
Ce projet ne peut pas être compris isolément. Il s'inscrit dans une filière lithium-géothermie dont les différents maillons (forages, extraction, purification, réseau de chaleur, transport, projets voisins comme Lauterbourg) sont dispersés dans des procédures séparées. Ce morcellement empêche toute compréhension des effets cumulés et toute vision régionale cohérente.
Or, l'ensemble de cette filière concerne toute l'Alsace, tant par ses impacts sur l'eau et les milieux que par ses implications économiques. Une telle dispersion administrative contourne l'un des outils prévus précisément pour éviter ces situations, à savoir une saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP). Au regard de l'ampleur territoriale, technique et environnementale du projet, une concertation CNDP apparaît pleinement justifiée, mais elle n'a pas été sollicitée.
Cette absence de débat global se combine à une autre ambiguïté : le statut PENE, présenté de manière implicite comme s'appliquant à la ZAC, alors que seul le projet minier est classé PENE et que la ZAC ne l'est pas. Les quarante hectares artificialisés resteraient donc imputés localement. Ce point essentiel n'est pas expliqué au public et crée un décalage important entre communication et réalité.
Le dossier mentionne également des promesses de création d'emplois. Mais lesquelles ? Pour quelles activités ? Avec quels procédés ? Aucun industriel n'est engagé, aucune fiche métier n'est fournie, aucune estimation de besoins en compétences n'est présentée. Les promesses restent donc abstraites, quand les impacts, eux, seraient entièrement concrets et définitifs.
Enfin, l'étude n'aborde quasiment pas les flux de circulation induits : camions, réactifs chimiques, transport de matériel, maintenance, acheminement des éventuels sous-produits, déplacements des salariés. Les voiries locales et les villages voisins seraient pourtant directement concernés. Là encore, les incertitudes sont maximales ; les transformations du territoire, elles, seraient irréversibles.
Face à ce cumul d'incertitudes industrielles, économiques et territoriales, alors que les destructions foncières et paysagères seraient définitives, je formule un avis défavorable au projet de ZAC de Hatten.