Cette page reprend l'article « En Outre-mer, le droit à l'eau et à l'assainissement bafoué » du livret eau de L'Avenir en commun (texte extrait le 8 mai 2025, source : programme.lafranceinsoumise.fr/livrets/eau-bien-commun).
Un tiers des familles mahoraises n'ont pas d'accès à l'eau courante. L'île manque d'eau disponible et ses infrastructures de potabilisation ne répondent pas à la demande. La qualité de l'eau est impactée par l'absence d'un assainissement de qualité et d'une gestion effective des déchets. La facture d'eau représente 17 % des dépenses des ménages alors que 77 % de la population mahoraise vit sous le seuil de pauvreté. 150 fontaines publiques payantes assurent l'approvisionnement en eau à un tarif élevé.
À La Réunion, l'eau est abondante mais 56 % des masses d'eau souterraines ou en bordure littorale ne sont pas en bon état. Or, toutes les installations de production d'eau potable ne sont pas pourvues des technologies nécessaires. Un·e réunionnais·e sur deux est alimenté·e par un réseau dont la sécurité sanitaire est insuffisante. Le réseau est vétuste : un tiers des canalisations a plus de 30 ans et 40 % de l'eau est perdue en fuites. 85 % des abonné·es dépendent d'un réseau géré par un des 4 opérateurs privés (Veolia, CISE, Sudeau et Derichebourg). Le prix moyen de l'eau potable a augmenté de 35 % entre 2008 et 2017.
En Guadeloupe, malgré une ressource disponible par habitant·e deux fois plus importante qu'en Hexagone, les habitant·es vivent au rythme des tours d'eau, une violation du droit à l'eau selon l'ONU. Des enfants ne vont plus à l'école un mois et demi par an car l'eau y manque. L'assainissement est défaillant : risques de maladies et de pollutions, présence de matières fécales au robinet à cause de débordements. La facture d'eau est la plus élevée de France : 800 euros par an contre 550 au niveau national. Les habitant·es sont contraints d'acheter des bouteilles d'eau en raison du chlordécone et d'aménager des citernes. 70 % de l'eau prélevée part en fuite. Pour les compenser, les exploitants prélèvent davantage d'eau, ce qui crée un risque de surexploitation et de salinisation des nappes. La majorité des installations n'est pas aux normes.
En Guadeloupe comme en Martinique, le fléau numéro un s'appelle le chlordécone. Malgré sa dangerosité connue depuis les années 70, ce pesticide utilisé dans les bananeraies n'a été interdit qu'en 1993. Les sols et l'eau sont contaminés pour plusieurs siècles. 90 % de la population est contaminée. La Martinique possède le record du monde du nombre de cancers de la prostate. Le lien avec le chlordécone est établi. Le réseau est également vétuste : 40 % de l'eau part en fuites, les coupures et les tours d'eau sont le quotidien. Le changement climatique achève le tableau : la Martinique a subi en 2021 sa quatrième année de déficit de pluies.
La Guyane abrite la troisième réserve d'eau douce par habitant·e au monde. Pourtant, 15 % de la population n'a pas accès à l'eau courante tandis que la pression est basse pour celles et ceux qui habitent les hauteurs. 1 litre sur 3 est perdu en fuites, ce qui a fait tripler les factures. Sur 22 communes, 4 seulement sont en régie publique, le reste est géré par une entreprise privée. L'accès à l'eau est un défi majeur : la population guyanaise a quadruplé en 40 ans et va à nouveau doubler d'ici 2040. Il faudrait investir sept fois plus qu'actuellement pour renouveler le réseau, rattraper le retard et faire face à l'augmentation de la population.