Cette fiche est conçue pour le porte-à-porte, les réunions publiques et les discussions de terrain. Elle propose des phrases simples, adaptables localement, ainsi que des punchlines percutantes. Elle doit être utilisée comme un kit pratique par les listes et les militant·es.

Phrases générales à adapter

  • L'eau est un droit humain, pas une marchandise : nous voulons en finir avec les coupures pour impayés et garantir un volume vital gratuit à chaque foyer.
  • Chaque euro payé par les habitants doit revenir au service public : réparer les fuites, protéger les captages, restaurer les zones humides, désimperméabiliser les sols. Pas aux profits des multinationales.
  • Le cycle de l'eau est un tout : pluie, nappes, rivières, eau potable et assainissement sont liés. Il faut une approche écosystémique pour que les territoires soient résilients face aux canicules, aux sécheresses et aux inondations.
  • L'eau n'est pas qu'un service technique : c'est un pilier de santé publique, de justice sociale et d'aménagement du territoire.
  • Les pollutions invisibles (PFAS, pesticides, chlordécone, biocides) sont des menaces sanitaires graves. Nous voulons des analyses indépendantes, publiées en open data.
  • Les habitants doivent être associés aux décisions via un CCSPL actif : fini les choix derrière des portes closes, chaque indicateur doit être suivi et débattu publiquement.

Si le service est en DSP (privatisé)

  • Avec une DSP, une multinationale contrôle l'eau : opacité, dividendes, et retard dans les investissements.
  • Nous voulons une régie publique, où chaque euro sert la qualité de l'eau, la réduction des fuites, la désimperméabilisation et la lutte contre les pollutions.
  • Dans une régie, on peut lier justice sociale et planification écologique : tarification sociale, protection des nappes, restauration des zones humides.
  • L'eau doit être gérée comme un commun, pas comme une source de profit.

Punchlines : « L'eau au peuple, pas aux multinationales. » « Pas de profits sur une ressource vitale. » « Une DSP, c'est une facture salée et une eau polluée. »

Si le service est géré par un syndicat intercommunal

  • Dans un syndicat intercommunal, les habitants sont absents de la décision : tout se joue entre délégués, souvent dans l'opacité.
  • Nous voulons une régie publique transparente, avec des CCSPL pour associer directement les habitants et les associations.
  • L'eau doit être gérée au plus près des habitants, avec une logique de bassin versant, pas dans une structure technocratique éloignée.

Punchlines : « Pas d'eau sans démocratie. » « Un syndicat opaque, c'est une DSP déguisée. » « Nous voulons sortir de l'opacité : l'eau doit être transparente, comme sa gestion. »

Si le service est déjà en régie publique

  • La régie publique est la meilleure option, mais elle doit être renforcée : transparence totale, implication des habitants via un CCSPL, open data des résultats.
  • C'est aussi l'occasion d'inscrire la gestion à la source dans l'urbanisme : cours d'école oasis, jardins de pluie, noues, trames vertes et bleues.
  • La régie publique permet de penser l'eau dans une logique écosystémique : recharger les nappes, améliorer la biodiversité, lutter contre les îlots de chaleur, et protéger la santé publique.

Punchlines : « Une eau publique, c'est une eau transparente. » « La régie publique, c'est l'eau bien commun. » « Avec la régie, c'est nous qui décidons. »

Santé publique et pollutions invisibles

  • Les PFAS, ces « polluants éternels », contaminent déjà l'eau de millions de personnes. Nous voulons des contrôles indépendants et publics.
  • Le chlordécone en Outre-mer montre que certaines pollutions persistent pendant des générations. C'est une urgence sanitaire.
  • Les pesticides et les biocides des peintures contaminent les nappes et les rivières. Chaque usage doit être repensé pour protéger la ressource.
  • Le principe de précaution doit s'appliquer : mieux vaut interdire ou restreindre que d'exposer les habitants à des risques invisibles.
  • Aux industriels pollueurs de payer : pas aux collectivités, ni aux habitants.

Punchlines : « Pas de poison dans nos robinets. » « La santé avant les profits. » « Pollueurs payeurs, citoyens protégés. »

Urbanisme de l'eau et services écosystémiques

  • L'eau doit être la donnée d'entrée des documents d'urbanisme. Pas un problème réglé après coup.
  • L'eau ne saute pas les trottoirs, elle ne remonte pas les pentes : il faut des rues, des cours et des parcs pensés pour infiltrer et ralentir les flux.
  • Désimperméabiliser, c'est créer des îlots de fraîcheur, recharger les nappes, limiter les inondations et améliorer la biodiversité.
  • Les zones humides, les forêts et les trames vertes et bleues rendent des services écosystémiques essentiels : elles protègent contre les crues, filtrent l'eau, stockent du carbone.

Punchlines : « Moins de béton, plus d'eau vivante. » « L'urbanisme de l'eau, c'est préparer la ville de demain. » « Chaque goutte compte, chaque mètre carré aussi. »

Conduite de l'eau et démocratie

  • L'eau est trop importante pour être gérée par des techniciens seuls.
  • Un CCSPL permet aux habitants, associations et syndicats de suivre les indicateurs, d'alerter en cas de problème, et de contrôler les choix tarifaires et d'investissement.
  • Les CLE et les SAGE doivent être investis : ce sont les lieux où se fixent les règles à l'échelle des bassins versants.
  • Les décisions doivent être publiques, transparentes et partagées : c'est la seule façon de gérer l'eau comme un commun.

Punchlines : « Pas de démocratie sans transparence, pas de transparence sans citoyens. » « L'eau doit être décidée avec nous, pas sans nous. » « Un CCSPL, c'est la voix des habitants dans la gestion de l'eau. »

Conseils pratiques

  • Toujours relier les propositions à un vécu concret : facture d'eau, cour d'école, fontaine dans un parc, santé des enfants.
  • Adapter le discours au contexte local : quartiers populaires (factures, coupures), zones rurales (qualité de l'eau, agriculture), grandes villes (chaleur urbaine, désimperméabilisation).
  • Utiliser des exemples concrets, comme une école désimperméabilisée à Grenoble.
  • Finir chaque échange par une punchline claire et mobilisatrice.