Le manifeste de la série défend une idée simple et exigeante : faire de l'écorégion la vraie région, celle qui épouse le vivant. Reste l'objection la plus fréquente, celle qui revient dès que le débat quitte les principes. Si l'écorégion devient la région, que deviennent les compétences des régions d'aujourd'hui, les trains, les lycées, l'aide économique ? Cette question mérite une réponse précise plutôt qu'une esquive, et c'est ce que cet espace essaie de tenir.

Le fil est le suivant. Il ne s'agit pas d'empiler une strate écorégionale au-dessus de ce qui existe : le mille-feuille territorial est déjà assez épais. Il s'agit de refonder la région sur ce qui la fait tenir, le bassin, et de renvoyer chaque compétence à l'échelle où elle se traite le mieux. L'écorégion ne s'ajoute pas, elle remplace la région administrative et redistribue le reste. À partir de là, le raisonnement se déplie par étapes, et chaque page en tient une.

La première assume l'écorégion comme vraie région, et non comme couche supplémentaire, en revenant sur ce que valent nos régions de 2015. La deuxième pose le principe de tri, chaque compétence à sa juste échelle, et suit ce qui monte au bassin comme ce qui redescend au plus près des gens. La troisième prend le mouvement le plus délicat, celui qui fait remonter certaines missions depuis le local, et dit à quelle condition il me paraît acceptable. La quatrième montre qu'un premier noyau d'écorégion politique s'obtient à moindre frais, à partir du déjà-là, et distingue les deux temps de la démarche pour ne pas prendre l'un en otage de l'autre. La dernière referme sur la commune, qu'une lecture rapide croit menacée et qui ne l'est pas, par le partage entre protection de la ressource et exploitation du service.