Des vérifications versées après coup

La finesse du maillage permettait de croiser le découpage avec des données que l'agrégation aurait noyées, ce qui m'a conduit à mettre le parti pris à l'épreuve plutôt qu'à le conforter d'avance. Le niveau de vie moyen, versé depuis les données fiscales localisées de l'INSEE à la maille du carreau kilométrique, ne s'étage que de 21 500 euros par an dans l'Escaut-Sambre à 27 200 euros dans la Seine centrale, un rapport de 1,27. Là où les populations vont de un à trente-sept, les moyens vont de un à un peu plus d'un quart : le découpage par l'eau ne fabrique pas des écorégions socialement séparées.

Revenu et pauvreté par écorégion

L'artificialisation, mesurée par le Cerema sur une décennie et rapportée à la population, varie d'un facteur douze, de 3,3 hectares pour mille habitants dans la Seine centrale à 42,2 dans la Leyre et les Landes de Gascogne. L'écorégion la plus dense est de loin la plus sobre en sol, les atlantiques peu denses les plus consommatrices, information directement utile à une assemblée de bassin.

Artificialisation par habitant par écorégion

Reste l'objection des coupures. Découper au plus près des bassins tranche un cinquième des aires d'attraction, au risque apparent de déchirer la géographie vécue. Les flux domicile-travail de l'INSEE, versés commune à commune, la mettent à l'épreuve : l'autonomie des navettes internes atteint 93,9 pour cent, de 99 pour cent en Corse à 67 pour cent dans la Leyre aspirée par Bordeaux. Le noyau tracé par l'eau se superpose déjà à un territoire vécu, ce qui ouvre la voie à tout ce que l'écorégion pourra porter au-delà de l'eau. La comparaison entre scénarios le confirme : l'autonomie décroît mécaniquement à mesure que les unités se multiplient, et les vingt-trois écorégions se tiennent au niveau du découpage à quinze départements tout en étant plus fines et fondées sur l'eau.

Autonomie des navettes par écorégion

Autonomie des navettes selon le scénario