Les comparants

Deux territoires qui portent le même nom ne recouvrent pas la même chose. Une écorégion hydrographique délimite un espace de gestion, bâti sur le bassin versant ; une hydro-écorégion classe un type de milieu, bâtie sur la géologie, le relief et le climat. Les zonages administratifs de l'eau, eux, réunissent sept agences dont les tailles n'ont plus de rapport avec la géographie physique. Mettre ces contours côte à côte, sur des chiffres communs, fait apparaître ce que chaque manière de découper produit vraiment.

Le géopackage maître harmonise pour la première fois quatre familles de contours sur les mêmes indicateurs : surface, population, linéaire de cours d'eau, densité de drainage, densité de population. À partir de là, la comparaison cesse d'être une affaire d'impression et devient mesurable. Les vingt-trois écorégions se comparent aux vingt-deux hydro-écorégions de niveau 1, aux sept agences de l'eau, aux régions hydrographiques. Chaque famille répond à une intention différente, et cette intention se lit dans les chiffres.

La comparaison la plus parlante porte sur l'inégalité de population entre unités. Les sept agences vont de un à cinquante-trois : Seine-Normandie pèse dix-neuf millions d'habitants quand la Corse en compte trois cent cinquante-cinq mille. Les vingt-trois écorégions ramènent ce rapport de un à dix-neuf, non par volonté d'égaliser mais par un rééquilibrage assumé qui respecte le bassin versant. La Seine centrale, écorégion parisienne, concentre six millions sept cent mille habitants sur mille cent kilomètres carrés : un cas limite documenté, tenu pour ce qu'il est, une contrainte géographique réelle et non un artifice administratif.

Distribution de la population des vingt-trois unités

Les sous-pages qui suivent prennent chaque déterminant l'un après l'autre. Le relief et les pentes commandent la vitesse de l'eau et la capacité de transport des cours d'eau. Le climat, actuel puis projeté, ouvre la seule dimension temporelle du dossier : les enveloppes climatiques migrent, et un découpage fondé sur elles hériterait de cette instabilité. Les hydro-écorégions servent de vérification écologique, jamais de brique de construction. Les aires d'attraction et la mobilité éclairent le rapport entre la maille de gestion et la vie réelle des habitants. Les nappes partagées entre plusieurs contours posent la question des ressources coupées par une frontière. L'occupation du sol, enfin, relie densité, artificialisation et pression sur le cycle de l'eau.

Chaque sous-page tient une seule question, s'appuie sur les chiffres du géopackage et renvoie, quand elle existe, à sa carte web dédiée.