À quoi sert cette page ? Elle présente et évalue la piste la plus économe en frontières, six grands ensembles calés sur les bassins, dans la lignée du rapport DATAR de 2002. La page en pèse les vertus, lisibilité et mouvements limités, et la limite, une maille trop lâche pour la matière de l'eau.
La piste la plus économe en frontières consiste à ramener la France, hors Corse, à six grands ensembles calés sur les bassins. Elle prolonge une proposition déjà ancienne, formulée par la DATAR en 2002 dans son rapport Aménager la France de 2020, où l'aménagement du territoire s'organisait autour d'un petit nombre de grandes régions. Chaque ensemble épouse ici un grand bassin, ce qui donne une carte immédiatement lisible.
La composition d'ensemble tient en six mailles : Somme-Nord-Pas-de-Calais, Seine et Manche, Saône-Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée, Loire-Nord Atlantique, Adour-Garonne-Sud Atlantique. Le tableau ci-dessous donne leur superficie et leur population, recalculées sur les populations légales de l'INSEE.
| Ensemble | Superficie (km²) | Population (RP 2023) |
|---|---|---|
| Somme-Nord-Pas-de-Calais | 18 584 | 4 638 953 |
| Seine et Manche | 76 710 | 18 367 940 |
| Saône-Rhin-Meuse | 71 577 | 6 692 948 |
| Rhône-Méditerranée | 119 627 | 15 448 543 |
| Loire-Nord Atlantique | 136 673 | 11 781 092 |
| Adour-Garonne-Sud Atlantique | 106 828 | 8 614 960 |
Ce scénario a des vertus réelles, qu'il serait injuste de sous-estimer. La carte se lit d'un coup d'œil. La fusion des régions existantes n'entraîne que des mouvements interdépartementaux limités. Un relatif équilibre régional s'installe, qui arrime des départements attractifs à des départements en déprise. Les populations rassemblées restent d'ailleurs plutôt équilibrées, avec un écart interquartile modéré rapporté à la médiane.
Le défaut est celui de toute maille trop lâche. À six unités, chaque ensemble mêle des réalités hydrographiques que rien n'oblige à cohabiter. Les affluents se noient dans les fleuves, les petits bassins côtiers dans de vastes agrégats. Une assemblée de bassin délibérante n'a de sens que si son territoire fait système du point de vue de l'eau, et six mailles pour la France entière diluent ce système. Le tracé calé sur les périmètres régionaux ne coupe certes aucun département, mais il tranche près d'un cinquième des masses d'eau souterraines, parce que les limites régionales ignorent les nappes. Le gain de lisibilité institutionnelle se paie d'une perte de fidélité à l'eau.
Il faut ajouter une réserve qui ne se lit pas sur la carte. De si grands ensembles risquent d'accroître le poids politique des exécutifs régionaux, au moment même où l'enjeu est de tenir la décision au plus près des bassins. Le grain à six éclaire à raison la contrainte de sobriété, celle d'un petit nombre d'assemblées ; il la paie d'une perte de résolution que la matière de l'eau ne supporte pas.
Ce scénario reste précieux comme point de comparaison. La confrontation multicritères qui le mesure aux autres pistes est détaillée dans la page consacrée à la comparaison des découpages, et son écart au grain fin retenu dans la page qui confronte le résultat à vingt-trois aux repères six et douze.
Le découpage à six grandes régions, en carte dynamique : déplacez, zoomez, lisez les noms.
Six grands ensembles offrent une carte lisible et ne coupent aucun département, mais ils tranchent près d'un cinquième des nappes et noient les petits bassins dans de vastes agrégats. Cette maille éclaire à raison la contrainte de sobriété ; elle la paie d'une perte de résolution que la matière de l'eau ne supporte pas.