La population et le niveau de vie testent si le découpage par l'eau donne des unités comparables entre elles, condition pour que des assemblées de bassin délibèrent sans qu'un bloc écrase les autres. Cette comparaison apporte deux vérifications : elle mesure le resserrement du déséquilibre démographique et elle montre que le tracé par bassin ne trie pas les territoires selon leur richesse. Ce qu'elle n'apporte pas, c'est une raison de corriger la maille : la Seine centrale, qui réunit le grand Paris et ses près de quatorze millions d'habitants, reste une anomalie assumée que le principe du bassin explique, et non un défaut à gommer.
Le premier reproche fait aux sept circonscriptions actuelles est leur déséquilibre démographique : la plus peuplée pèse cinquante-trois fois la moins peuplée. Découper par l'eau au grain fin resserre ce rapport à trente-huit et demi. Ce n'est pas qu'une statistique : c'est la condition pour que des assemblées de bassin délibèrent à armes comparables, sans qu'un bloc écrase les autres.
La maille départementale exprime les contrastes de densité dans toute leur brutalité, de Paris et sa couronne à la diagonale des faibles densités. L'écorégion, en réunissant l'amont peu peuplé et l'aval urbain d'un même bassin, lisse ces écarts sans les effacer : elle place la métropole et son arrière-pays dans la même institution, celle qui gère l'eau qu'ils partagent.
Comment lire cette carte. Le curseur au centre partage l'écran : à gauche la densité de population par département, à droite ramenée aux vingt-trois écorégions. La densité se compte en habitants par kilomètre carré ; plus la teinte est soutenue, plus le territoire est peuplé. Faites glisser le curseur d'un bord à l'autre pour passer d'une maille à l'autre sur le même fond. La lecture utile porte sur le lissage : à droite, l'écorégion range dans une même valeur la métropole dense et son arrière-pays clairsemé, là où la maille départementale, à gauche, oppose crûment Paris et la diagonale des faibles densités.
Le découpage par l'eau ne fabrique pas des écorégions socialement séparées. Le niveau de vie moyen ne varie que de un à un peu plus d'un quart entre les vingt-trois unités, là où la carte départementale étale des écarts plus francs. Réunir un territoire par son bassin, ce n'est pas trier les riches et les pauvres : c'est mettre autour de la même table des communes que l'eau relie déjà.
Comment lire cette carte. Le curseur partage l'écran : à gauche le niveau de vie moyen par département, à droite ramené aux vingt-trois écorégions. Le niveau de vie moyen, le revenu disponible médian par habitant, se compte en euros par an ; plus la teinte est marquée, plus il est élevé. Faites glisser le curseur pour comparer les deux mailles. La lecture juste n'est pas la couleur d'une unité isolée, mais l'étalement d'ensemble : à droite, les écorégions se tiennent dans une fourchette resserrée, signe que le tracé par bassin ne sépare pas les territoires selon leur richesse.
Densité et niveau de vie calculés au carreau kilométrique de l'INSEE (Filosofi), agrégés aux départements et aux vingt-trois écorégions sur le même référentiel. Données publiques et gratuites.
Le passage aux vingt-trois écorégions ramène le rapport de population entre l'unité la plus peuplée et la moins peuplée de cinquante-trois pour un, avec les sept circonscriptions actuelles, à trente-huit et demi pour un ; hors Seine centrale, cet écart tombe à treize pour un. Le niveau de vie moyen ne varie que de un à un peu plus d'un quart entre les unités. Le découpage par l'eau resserre donc le déséquilibre démographique sans trier les territoires selon leur richesse.