À quoi sert cette page ? Elle présente le concurrent le plus sérieux du grain fin : une maille intermédiaire à douze unités, plus proche des sous-bassins. La page reconnaît ses qualités, meilleur équilibre des populations de tout le jeu testé, et pointe son point faible, ce sont les nappes qui y trinquent le plus.
Entre la maille très lâche des six grands ensembles et le grain fin d'une vingtaine d'unités, une piste intermédiaire resserre le découpage à douze écorégions hexagonales, hors Corse, plus sensibles aux sous-bassins versants. Elle rapproche la carte de l'échelle où l'eau se gère réellement, celle des sous-bassins, sans aller jusqu'au grain le plus fin.
La composition d'ensemble tient en douze mailles : Somme-Nord-Pas-de-Calais, Seine et Manche pour le bassin parisien élargi et le plus peuplé, Saône, Rhin-Meuse, Bassins de la Bretagne, Loire amont, Loire aval, Rhône-Isère, Adour-Garonne, Dordogne-Charente, Ouest méditerranéen, Est méditerranéen. Superficies et populations, recalculées sur les populations légales de l'INSEE :
| Écorégion | Superficie (km²) | Population (RP 2023) |
|---|---|---|
| Somme-Nord-Pas-de-Calais | 18 584 | 4 638 953 |
| Seine et Manche | 76 710 | 18 367 940 |
| Saône | 36 788 | 4 183 653 |
| Rhin-Meuse | 43 267 | 4 689 855 |
| Bassins de la Bretagne | 27 208 | 3 449 370 |
| Loire amont | 75 994 | 4 658 318 |
| Loire aval | 51 198 | 5 340 644 |
| Rhône-Isère | 44 323 | 6 805 870 |
| Adour-Garonne | 72 355 | 6 158 191 |
| Dordogne-Charente | 32 822 | 1 763 245 |
| Ouest méditerranéen | 27 376 | 2 954 218 |
| Est méditerranéen | 22 745 | 2 559 246 |
Ce scénario est le concurrent le plus sérieux du grain fin, et il mérite d'être pris comme tel. Sa maille est plus juste hydrographiquement, au plus près des sous-bassins. Il resserre remarquablement les populations, avec le meilleur équilibre de tout le jeu testé sur cet indicateur. Il coupe peu de départements, peu d'aires urbaines, peu de bassins de vie. Son homogénéité climatique reste élevée. Sur presque tous les tableaux comparés, il tient bien.
Un chiffre le retient pourtant. À douze, ce sont les nappes qui trinquent le plus de tout le jeu de scénarios, avec près de trois masses d'eau souterraines sur dix coupées, davantage encore que les variantes départementales fines. La cause tient à la manière dont ces douze ensembles ont été bâtis, en privilégiant l'équilibre démographique et les grands bassins de surface : à vouloir des unités de taille comparable, le tracé scinde des systèmes aquifères qui débordent d'un bassin sur l'autre. Douze me paraît donc un bon découpage de l'eau bleue, celle des rivières, et un moins bon découpage de l'eau verte et souterraine.
Une autre limite se lit sur la carte plutôt que dans les chiffres. Douze ensembles multiplient les frontières à arbitrer, et beaucoup ne se déduisent pas de la seule hydrographie. Il faut alors mobiliser des critères extérieurs au bassin versant, bassins de vie, systèmes urbains, déplacements domicile-travail. Le grain fin finalement retenu ramène le taux de coupe des nappes à vingt-deux pour cent tout en resserrant encore les autres frontières : il ne sacrifie pas le souterrain à l'équilibre des populations. C'est là que se joue la préférence pour la maille fine, comme le montre la confrontation détaillée du résultat aux repères six et douze.
Le découpage à douze écorégions, en carte dynamique : déplacez, zoomez, lisez les noms.
Douze écorégions équilibrent remarquablement les populations et collent bien aux sous-bassins de surface, mais coupent près de trois nappes sur dix, plus que tout autre scénario. Ce découpage sert bien l'eau des rivières et moins bien l'eau souterraine. Le grain fin ramène la coupe des nappes à vingt-deux pour cent sans sacrifier l'équilibre démographique.