Les prélèvements, les obstacles et les nappes partagées sont les pressions directes sur la ressource, celles qui devraient se lire à la maille où l'arbitrage se décide. Cette comparaison apporte l'argument central en faveur du bassin : ces tensions ne suivent ni les départements ni les régions, elles suivent l'écoulement, et l'écorégion les rassemble dans une même unité de gestion. Ce qu'elle n'apporte pas, c'est une maille qui supprimerait toute coupure : une nappe déborde toujours d'un tracé, et la part partagée mesure ce qui devra se cogérer quel que soit le découpage retenu.
C'est ici que le découpage par l'eau prend tout son sens : les tensions sur la ressource ne suivent ni les départements ni les régions, elles suivent le bassin. Trois lectures le montrent, du département à l'écorégion.
Le volume d'eau prélevé, rapporté à la surface, dessine la carte des pressions : l'irrigation du sud-ouest, l'industrie et le refroidissement le long des grands fleuves, l'eau potable des zones denses. Ramené à l'écorégion, il se lit à la maille où l'arbitrage entre usages devrait se décider.
Comment lire cette carte. Le curseur au centre partage l'écran : à gauche le volume prélevé par département, à droite ramené aux vingt-trois écorégions. La teinte donne le volume d'eau prélevé rapporté à la surface, c'est-à-dire la pression consommatrice cumulée de l'eau potable, de l'irrigation et de l'industrie, le turbinage des barrages, l'eau passée dans les turbines, étant exclu ; plus elle est marquée, plus la pression est forte. Faites glisser le curseur pour comparer les deux mailles. La lecture juste porte sur les foyers de pression, l'irrigation du sud-ouest, l'industrie le long des grands fleuves, l'eau potable des zones denses, qui se rassemblent à droite dans l'écorégion, là où l'arbitrage entre usages devrait se décider.
Seuils, barrages et digues fragmentent le réseau et bloquent la circulation des sédiments et des poissons. Leur densité, obstacle par obstacle, révèle les écorégions où la continuité écologique est la plus entravée.
Comment lire cette carte. Le curseur partage l'écran : à gauche la densité d'obstacles par département, à droite ramenée aux vingt-trois écorégions. La teinte donne le nombre d'obstacles à l'écoulement, les seuils, barrages et digues du référentiel national, rapporté à la surface ; plus elle est soutenue, plus le réseau est fragmenté. Faites glisser le curseur pour comparer les deux mailles. La lecture utile désigne les écorégions les plus foncées, où la continuité écologique, la libre circulation des sédiments et des poissons, est la plus entravée.
Une nappe souterraine ignore les frontières. La part de chaque unité couverte par des nappes partagées avec une voisine mesure ce qui devra se cogérer, quel que soit le tracé retenu.
Comment lire cette carte. Le curseur partage l'écran : à gauche la part de nappe partagée par département, à droite ramenée aux vingt-trois écorégions. La teinte donne la part de la surface de l'unité assise sur une nappe souterraine partagée avec une voisine, celle qu'une frontière traverse et que deux unités doivent gérer ensemble ; plus elle est marquée, plus la part à cogérer est grande. Faites glisser le curseur pour comparer les deux mailles. La lecture juste porte sur le recul général de la teinte à droite : le découpage par bassin coupe bien moins de nappes que la maille départementale, sans jamais les épargner toutes.
Prélèvements (BNPE / Hub'Eau), obstacles à l'écoulement (ROE), masses d'eau souterraines (BRGM / Sandre), agrégés aux départements et aux vingt-trois écorégions. Données publiques et gratuites.
Au seuil de deux pour cent, la part des unités assises sur une nappe partagée tombe de soixante-six pour cent avec les départements à vingt-deux pour cent avec les vingt-trois écorégions, soit cent quarante et une masses d'eau souterraine sur six cent trente-neuf, dont cent dix partagées entre deux unités seulement. Les prélèvements et les obstacles, eux, se concentrent à la maille de l'écorégion, là où l'arbitrage entre usages et la restauration de la continuité devraient se décider. Le découpage par bassin réduit fortement les coupures de ressource sans prétendre les effacer.