L'eau n'est pas absente des documents de planification urbaine et territoriale : elle y figure, mais souvent en creux, dans les servitudes, les zonages et les prescriptions réglementaires. Le Plan local d'urbanisme (PLU) peut contenir des prescriptions sur la gestion des eaux pluviales à la parcelle, des emplacements réservés pour des ouvrages de rétention, des classements de zones inondables. Le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) fixe des orientations sur la préservation des zones humides, la limitation de l'imperméabilisation et la protection des captages. Le Plan de prévention des risques d'inondation (PPRI) réglemente les usages du sol dans les zones exposées. Ces documents s'articulent, souvent imparfaitement, et leur cohérence conditionne la qualité de la gestion de l'eau à l'échelle du bassin versant.
Ce dossier regroupe les définitions des termes propres à l'aménagement et à l'urbanisme de l'eau : imperméabilisation, coefficient de ruissellement, gestion à la source des eaux pluviales (GSEP), techniques alternatives (tranchées drainantes, noues, toitures végétalisées, chaussées à structure réservoir), zonage d'assainissement (eaux usées et eaux pluviales), périmètre de protection des captages. Ces notions sont au coeur de la pratique de l'hydrologue travaillant en milieu urbain, mais elles restent souvent opaques pour les élus et les associations qui ont pourtant à se prononcer sur des projets d'aménagement qui les mobilisent.
La notion de gestion à la source mérite d'être explicitée, parce qu'elle recouvre des pratiques très différentes selon le contexte : à l'échelle d'une parcelle, il s'agit de retenir l'eau là où elle tombe et de la restituer lentement au milieu naturel, par infiltration ou par évapotranspiration. À l'échelle d'un quartier ou d'un bassin versant, la gestion à la source implique une conception intégrée des espaces publics et privés, qui cherche à reconstituer les fonctions hydrologiques d'un sol non imperméabilisé. L'enjeu n'est pas seulement hydraulique (réduire les débits de pointe en sortie de bassin) ; il est aussi qualitatif (les premières pluies sur une surface urbaine emportent des polluants accumulés) et thermique (l'évapotranspiration refroidit les surfaces, ce qui compte dans le contexte du réchauffement urbain).
Les définitions de ce dossier s'appuient sur les textes réglementaires français et européens, sur les guides techniques des agences de l'eau et du Cerema, et sur la littérature hydrologique. Les concepts dont la définition varie selon les sources sont explicités avec leurs variantes, et la référence retenue est indiquée.