Pollutions et qualité sanitaire

La qualité de l'eau est évaluée selon des paramètres physiques, chimiques et biologiques dont les valeurs sont comparées à des seuils réglementaires ou à des valeurs guides. Ces paramètres ne couvrent pas tous les contaminants présents dans l'eau : ils couvrent ceux qui ont été identifiés comme préoccupants au moment de la rédaction des directives applicables et pour lesquels une méthode d'analyse normalisée et abordable existe. Les contaminants émergents (PFAS, résidus pharmaceutiques, microplastiques) ont pendant longtemps circulé dans les eaux sans figurer dans les bilans officiels de qualité, non parce qu'ils étaient absents, mais parce qu'ils n'étaient pas recherchés.

Ce dossier regroupe les définitions des principaux polluants aquatiques et des notions de qualité sanitaire : PFAS (per- et polyfluoroalkylés), pesticides et métabolites, nitrates, métaux lourds (cadmium, plomb, arsenic, mercure), micropolluants organiques (HAP, PCB, solvants chlorés), pathogènes (bactéries, virus, protozoaires). Pour chaque famille, la définition précise l'origine des contaminations, les voies de transfert vers les eaux, les effets sanitaires documentés et les seuils réglementaires applicables. La distinction entre valeur paramétrique (contraignante, déclenchant une obligation d'action) et valeur guide (recommandatoire, indicative du niveau souhaitable) est explicitée pour chaque terme.

Deux notions méritent d'être distinguées soigneusement. La valeur limite de qualité (VLQ) fixe le seuil au-dessus duquel l'eau distribuée n'est plus conforme à la réglementation et impose une intervention ; la valeur sanitaire indicative (VSI) reflète le niveau en dessous duquel le risque pour la santé est jugé négligeable dans les conditions normales d'exposition. Ces deux valeurs ne coïncident pas nécessairement : pour les nitrates, par exemple, la VLQ est de 50 milligrammes par litre (directive eau potable 1998), tandis que certaines études épidémiologiques suggèrent des effets à des concentrations inférieures, notamment pour les nourrissons et les femmes enceintes. L'écart entre les deux niveaux est un espace politique, pas seulement scientifique.

Les définitions de ce dossier s'appuient sur les textes réglementaires (directive eau potable 2020/2184, code de la santé publique), les avis publiés de l'ANSES et de l'EFSA, et les classifications de l'IARC pour les effets cancérogènes. Les chiffres qui ne peuvent pas être rattachés à une source précise sont signalés comme tels.